Quand la mer grignote la terre

Le 03 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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Alain Cousin, député de la Manche (UMP), a remis le 2 novembre un rapport sur la gestion du trait de côte – la limite entre la terre et la mer - au ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, en vue de lutter contre l’érosion côtière, qui touche près de 25% du littoral métropolitain.

La réflexion sur le trait de côte (1) est l’une des nombreuses conséquences de la tempête Xynthia, qui a frappé le littoral charentais en février 2010. Dix mois plus tard, en décembre, un groupe de travail est installé avec des représentants des cinq collèges du Grenelle de la mer (Etat, collectivités, ONG, syndicats et professionnels). Présidé par Alain Cousin, il a abouti à la rédaction d’un rapport d’une soixantaine de pages diffusé sur le site internet du député.

 
Ce rapport constate que les missions d’aménagement du littoral, dans les années 1960 et 1970, n’ont pas assez tenu compte des éléments physiques côtiers comme le trait de côte. A l’heure du changement climatique, l’impasse pourrait coûter cher. Selon le dernier rapport du GIEC, le niveau de la mer doit en effet s’élever entre 23 cm et 51 cm ou entre 20 cm et 43 cm selon le scénario, d’ici la fin du siècle. S’il est impossible de fixer le trait de côte, il est donc fortement conseillé « d’anticiper les phénomènes physiques d’érosion côtière et de submersion marine par une bonne connaissance des écosystèmes côtiers et l’impact du changement climatique ». Autre préoccupation : la population des départements littoraux doit s’accroître de 18,7% entre 2007 et 2040 selon une projection de l’Insee, ce qui risque d’aggraver la vulnérabilité du littoral.
 
Le rapport comporte quatre propositions principales. Il suggère de créer un outil d’observation du trait de côte pour chaque façade maritime, avec identification des zones de forte érosion. Il propose la mise en place d’actions prioritaires dans ces zones (associant l’Etat, les collectivités, les propriétaires, les associations), comme le « repli stratégique » (déplacement des infrastructures vers les terres et restauration du système littoral) ainsi que la prise en compte du problème dans les documents d’urbanisme et de planification. Enfin, il préconise la capitalisation des bonnes solutions utilisées à l’étranger.
 
La ministre de l’écologie a affirmé qu’elle allait les reprendre en intégralité au sein de la future stratégie nationale de gestion du trait de côte, qui sera présentée en janvier prochain.
 
(1)    Le trait de côte désigne la limite entre la terre et la mer. Il est défini dans le guide du trai de côte 2010 comme « la ligne d’intersection entre la surface topographique avec le niveau des plus hautes mers astronomiques (coefficient 120) dans des conditions météorologiques normales.
 
Pour consulter le rapport d’Alain Cousin
 


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