Quand la fracturation hydraulique ouvre des failles… de sécurité

Le 06 mai 2015 par Aude Massiot
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Forage exploratoire arrêté pour Total au Danemark.
Forage exploratoire arrêté pour Total au Danemark.
Total

Du Danemark à la Pennsylvanie (Etats-Unis), les opposants à la fracturation hydraulique peuvent se réjouir. Les garanties des compagnies pétrolières sur la sécurité de cette technique d’exploitation ne cessent de se fissurer.

Deux jours seulement après le début des travaux, les autorités danoises ont demandé, le 5 mai, l‘arrêt du forage d’exploration de gaz de schiste par Total à Dybvad, au nord du pays. En cause: l’utilisation du Null Foam, une substance empêchant la formation des mousses, interdite car jugée dangereuse pour l’environnement.

Henrik Nicolaisen, porte-parole de la multinationale française, s’étonne d’une telle décision: «Nous sommes en contact aussi bien avec la commune qu’avec la direction de l’énergie depuis février, et nous pensions que nous étions tous d’accord sur le fait que cette substance pouvait être utilisée», a-t-il déclaré à la chaîne danoise DR. Un fonctionnaire municipal chargé de l'aspect environnemental, Anders Brandt Sørensen, a indiqué au magazine Ingeniøren que si Total avait effectivement demandé l'autorisation d'employer ce produit, il n'avait pas attendu le feu vert de la commune pour l’utiliser.

Une campagne de Greenpeace contre le fracking a été retirée en Grande-Bretagne, le 6 mai. En cause: des affiches de l’ONG indiquant que «la fracturation hydraulique menace notre climat, notre territoire et notre eau. Les experts s’accordent sur un fait: cela ne permettra pas de réduire nos factures énergétiques». Cette dernière phrase a motivé la décision de l’autorité des normes de publicité, ces questions restant sujettes à débat dans la communauté scientifique.

De l’autre côté de l’océan Atlantique, en Pennsylvanie, des scientifiques de l’université de l’Etat ont trouvé des traces de produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique dans de l’eau potable. Une possibilité toujours réfutée par les compagnies d’exploitation de gaz de schiste. «Nous avons découvert un endroit où du gaz naturel et des produits chimiques ont migré à travers plusieurs kilomètres de roche jusqu’à un aquifère où est pompée de l’eau potable», expliquent les 8 chercheurs, dans un article publié, le 4 mai, par les comptes rendus de l’académie des sciences américaine (Pnas). Ces résultats proviennent de prélèvements d’eau dans trois maisons. «D’autres incidents comme ceux-ci doivent être analysés et rendus publics pour que de tels problèmes soient évités grâce à de meilleures techniques de gestion», prévient l’étude. La contamination viendrait d’une fuite dans le cuvelage d’un puits de forage. Les chercheurs mettent en évidence le manque de précaution de la compagnie qui aurait dû faire des prélèvements après fracturation, ce qui aurait permis de détecter la contamination en amont.

 



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