Quand l’Europe veut conquérir son indépendance énergétique

Le 21 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Moscou a livré 27% du gaz consommé en Europe.
Moscou a livré 27% du gaz consommé en Europe.
Gazprom

Ce sera sans doute l’un des dossiers les plus chauds de la prochaine Commission européenne. Avec la reprise, au printemps 2014, du vieux conflit russo-ukrainien, l’Union européenne a redécouvert son insécurité énergétique. Depuis 2005, Moscou et Kiev ne cessent de se chamailler sur le transit et le prix du gaz russe. A plusieurs reprises, des pays membres de l’UE ont été les victimes collatérales de la fermeture des vannes russes. Malgré cela, il aura fallu attendre le mois de mars dernier pour que la Commission Barroso se décide à faire le point sur la dépendance énergétique des 28 vis-à-vis de l’extérieur.

C’est en catimini que la direction de l’énergie de la Commission a rendu sa copie dans les premiers jours de juillet. Les spécialistes n’y découvriront rien de neuf. Mais certains chiffres méritent d’être rappelés, alors que l’UE peine à adopter son paquet Energie Climat 2030.

un milliard d'euros pour jour

D’abord, l’Europe est très fortement dépendante du reste du monde pour assouvir son appétit énergétique. Ensemble, les 28 importent 58% de l’énergie qu’ils consomment. Avec de grandes différences selon les sources d’énergie et les pays. Le Vieux monde achète à l’extérieur 90% de son pétrole, 66% de son gaz naturel, 42% de son charbon et 95% de son uranium.

Lituanie, Lettonie, Estonie, Finlande, Bulgarie et Slovaquie dépendent exclusivement de la Russie pour leur approvisionnement en gaz. L’an passé, Moscou a fourni 27% des précieuses molécules consommées en Europe. Pour l’électricité, c’est un peu mieux. Toutefois, les trois pays baltes restent encore totalement entre les mains de leur ancienne puissance coloniale pour assurer l’équilibre de leur système électrique.

Diversifier les sources d'approvisionnement

Côté finance, c’est la Bérézina. L’Europe consacre un milliard d’euros par jour au règlement de sa facture énergétique extérieure, soit 20% du montant total de ses importations. En 2013, elle a décaissé 300 Md€ pour importer des produits pétroliers, dont une centaine de milliards à la Russie.

Dans ces conditions, l’UE est-elle condamnée à se réconcilier avec le Kremlin? Pas forcément. Sous le double effet de la récession et de la montée en puissance des énergies renouvelables (et dans une moindre mesure des progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique), l’Europe se fait plus sobre. Entre 2006 et 2012, sa demande a baissé de 8%. Et même s’il reste supérieur à 50%, son taux de dépendance a, lui aussi, tendance à s’infléchir, notamment grâce aux «efforts» français, espagnols et italiens.

Pour conquérir son indépendance énergétique, Bruxelles propose aux 28 de diversifier leurs sources d’approvisionnement (ce qui suppose de construire de nouveaux terminaux pétroliers et gaziers), de poursuivre le développement des énergies renouvelables et d’accroître les réseaux de transport de gaz et d’électricité. Des investissements qui sont partie intégrante du programme d’investissement de 300 Md€, présenté la semaine passée par le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Ne reste plus qu’à le financer. Mais ça, c’est une autre histoire.

 



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