Quand l’eau du robinet s’imprègne en cours de route

Le 11 juin 2015 par Romain Loury
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Les contaminants n'échappent pas
Les contaminants n'échappent pas

Les canalisations protègent-elles vraiment notre eau du robinet d’une contamination bactérienne ou virale? Rien n’est moins sûr, selon une étude britannique publiée dans le Journal of Hydraulic Engineering. En cas de faible pression et de fissure, elle peut même s’avérer un véritable aspirateur vis-à-vis de son milieu environnant.

En situation normale, c’est-à-dire lorsque la pression est élevée, toute fissure d’une canalisation laisse certes fuir l’eau, mais sans risque de contamination pour celle qui reste dans le tuyau. Mais que se passe-t-il lorsque la pression chute brusquement, par exemple en cas de forte demande ou lorsqu’une pompe ou une valve est endommagée en amont?

A ce jour, les experts pensaient que les contaminants extérieurs pouvaient certes entrer dans la canalisation, mais qu’ils en étaient rapidement expulsés à la prochaine fissure, dès lors que la pression s’élève. Or il n’en est rien, comme le montre l’étude menée par l’équipe de Joby Boxall, de l’université de Sheffield (Royaume-Uni).

Les chercheurs ont mené l’expérience avec une canalisation expérimentale de 141 mètres de long, contenant diverses fissures. Dans le rôle du contaminant extérieur, un colorant dont la concentration était mesurée à la sortie.

Le contaminant ne s’arrête pas en route

Résultat: la substance est retrouvée en quantité largement détectable, sans signe d’évacuation au cours de son trajet. Il n’y a donc aucune raison qu’il n’en soit pas de même avec des virus ou des bactéries.

Pour Richard Collins, co-auteur de l’étude, «les contaminants qui pénètrent à travers une canalisation endommagée peuvent fort bien atteindre un robinet domestique, et bien qu’en très faibles concentrations, l’eau échouerait alors aux tests de sécurité. Les microorganismes, dont certains pathogènes pénétrant ainsi dans le réseau, pourraient s’ancrer sur la face intérieure du tuyau et y proliférer. S’ils sont ensuite délogés par un changement de flux, ils pourraient arriver en robinet en concentrations élevées».

Pour Joby Boxall, «beaucoup d’entre nous ont déjà eu le ventre dérangé, sans raison apparente, mais en l’expliquant par quelque chose que l’on a mangé. Il nous semble désormais possible que ces maladies pourraient être liées non pas à l’alimentation, mais à notre eau du robinet».



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