Quand l’auditeur de Sinar Mas contredit son client

Le 23 août 2010 par Thérèse Rosset
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Sinar Mas essuie un revers. Accusé par Greenpeace de destruction massive des forêts de l’île de Sumatra, le papetier indonésien vient d’être désavoué par le cabinet d’audit indépendant auquel il avait fait appel.

En début d’année, l’industriel avait commandé une étude à BSI afin de répondre aux allégations de pillage illégal des forêts, formulées par Greenpeace. Et, il y a quelques semaines, le papetier s’était estimé dédouané par le document de BSI qui le blanchissait des accusations de déforestation sauvages.

« L’audit a trouvé que les données du rapport rédigé par APP étaient exactes et que les accusations formulées par les ONG environnementales étaient infondées, fausses et sans preuve », avait déclaré le 11 août Aida Greenbury, directeur général d’Asian Pulp and Paper (APP, la filiale papier de Sinar Mas) (voir JDLE du 12 août).

Mais BSI Group a estimé nécessaire de clarifier son rapport, qui examinait une à une les accusations portées par l’ONG contre Sinar Mas : « Des éléments du rapport ont été déformés lors de leur présentation et de leur publication », a révélé BSI, le 20 août, dans un communiqué.

Ce document de « clarification » reprend 6 accusations publiées dans 5 rapports[1] de Greenpeace et livre les conclusions de l’équipe de vérificateurs indépendants (IVEX team), comprenant des experts du groupe BSI, de l’Union de contrôle et de certification, et de la faculté forestière de l’Institut d’agriculture de Bogor (IPB).

Ces experts confirment l’exactitude de certaines affirmations de Greenpeace. Ils attestent, entre autres, que 21 % (31.698 hectares) des 182.528 ha ont bien été ouverts à la déforestation avant l’estimation des stocks de forêt à haute valeur de conservation (HCV). Ce qui va à l’encontre des principes de la table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO pour l’acronyme anglais).

« Sinar Mas a coupé du bois sans avoir obtenu le permis d’utilisation du bois, ou avant d’avoir décroché l’estimation d’impact environnemental (EIA en anglais) », dénonçait Greenpeace dans un de ses rapports. Ce que confirme l’IVEX team : la totalité des concessions visitées dans la région du centre de Kalimantan avaient démarré leurs activités avant l’obtention de l’EIA. Petite nuance, tous les terrains de l’ouest kalamantan, sauf deux, ont néanmoins satisfait à cette condition.

Si l’équipe IVEX n’a pas trouvé la preuve de la création, par Sinar Mas, de conflits sociaux, néanmoins des faiblesses dans la documentation, lors du « dialogue de compensation des terrains » avec les propriétaires terriens de l’entreprise, ont été relevées. Le papetier est d’ailleurs invité à engager d’autres recherches sur ce point précis.

Greenpeace s’est félicité de cette démarche de clarification et a condamné les manipulations des résultats par le papetier indonésien. « Smart, la filiale productrice d’huile de palme de Sinar Mas, a menti en déclarant qu’ils opéraient de façon responsable et dans le cadre des lois indonésiennes », en conclut l’ONG.

 



[1] “Burning Up Borneo”, “Illegal Forest Clearance and RSPO Greenwash: Case Studies of Sinar Mas”, “Caught Red Handed”, “New Evidence: Sinar Mas – Rainforest and Peatland Destruction” and PowerPoint Presentation: “Sinar Mas Continues Rainforest Destruction”



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