Quand l’ASN se voit européenne

Le 11 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'EPR est désormais la référence française en matière de sûreté nucléaire.
L'EPR est désormais la référence française en matière de sûreté nucléaire.

En dressant un premier bilan de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en 2010, le patron de l’Autorité de sûreté nucléaire a aussi évoqué l’évolution souhaitable des missions du gendarme de l’atome.

 

Les vœux de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont, chaque année, un exercice de haute précision.

 

Serrés sur l’estrade, les 5 commissaires attendent, en silence, la fin du rituel. A son pupitre, le président André-Claude Lacoste profère son discours. Le journaliste gavé de ces cérémonies de début d’année y entend un texte sibyllin et sans surprises. Erreur. Car, souvent, l’information se cache au détour d’une phrase, d’une inflexion de la voix.

 

L’opus de ce mardi 11 janvier était fidèle à la tradition. En déclinant les événements de la sûreté, en 2010, le patron du gendarme du nucléaire français a confirmé qu’EDF avait officiellement engagé des pourparlers pour tenter de porter la durée de vie de ses réacteurs à 60 ans. L’affaire est donc engagée. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

 

Car, rappelle André-Claude Lacoste, la référence française en matière de sûreté s’appelle désormais EPR. Aussi, pour faire aboutir sa demande, EDF doit-il faire des propositions d’amélioration de ses 58 tranches. Sachant qu’il a fallu 7 ans d’instruction pour que l’ASN accepte le principe d’un allongement de 30 à 40 ans de la durée de vie des réacteurs de 900 mégawatts, on peut raisonnablement penser que le passage aux 60 ans prendra, lui aussi, quelques années.

 

Revenant sur les incidents qui ont défrayé la chronique de la radiothérapie, le président de l’ASN se montre satisfait du rapprochement en cours avec le monde médical. Ce dernier a, il est vrai, peu goûté les suspensions d’autorisation des centres de radiothérapie de Gap, de Blois ou de Roanne. « Les pratiques évoluent, il y a plus de radiophysiciens et le management de la qualité progresse », juge André-Claude Lacoste. Mais cela n’est pas suffisant. Et le président de rêver tout haut à la possibilité que le législateur pourrait donner à l’ASN d’encadrer les pratiques des radiophysiciens, afin qu’ils ne délivrent plus de doses indues de rayonnements à leurs patients.

 

Avec ses confrères de l’association européenne des autorités de sûreté (Wenra), le patron de l’ASN fait aussi pression sur les 4 fabricants de matériels (General Electric, Philips, Siemens et Toshiba) pour qu’ils en améliorent la sûreté.

 

Inconnue du public, Wenra est l’organisation réunissant les « responsables des autorités de sûreté des pays d’Europe de l’Ouest ». En devenir, cette institution est probablement appelée à jouer un rôle croissant dans notre futur énergétique. Le 25 novembre dernier, elle indiquait dans une note que « la conception de nouveaux réacteurs nucléaires doit tenir compte du retour d’expérience de l’exploitation des réacteurs actuels, des enseignements tirés des accidents et événements passés, des évolutions de la technologie nucléaire et des progrès en matière d'évaluation de la sûreté ».

 

Cette déclaration témoigne de la volonté de l’ASN et de ses organisations-sœurs d’harmoniser, « mais pas uniformiser », les règles de sûreté nucléaire dans le Vieux monde. Raison pour laquelle le président de l’ASN souhaite voir reprise la déclaration de Wenra au niveau politique, et pourquoi pas lors d’un prochain conseil européen ?

 

Cet embryon d’harmonisation européenne des règles de sûreté nucléaire est soutenu par Bruxelles. La Commission devrait prochainement avaliser le projet de passeport dosimétrique européen. L’exécutif communautaire a, par ailleurs, adopté le 6 décembre une proposition de directive sur la gestion des déchets radioactifs et du combustible usé. Un texte en partie calqué sur la législation hexagonale. Ce qui n’est pas pour déplaire à André-Claude Lacoste.



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