Quand biodiversité rime avec science citoyenne

Le 28 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Mieux connaître l’état de la biodiversité via différents dispositifs de sciences participatives, tel est l’objectif du programme Vigie-nature, mis en place en 1989 par le Muséum d’histoire naturelle de Paris (MNHN). Dans ce travail d’observation de la biodiversité «la limite entre professionnels et non professionnels n’est pas facile à tracer», commente Gilles Bœuf, le président du MNHN, qui présentait les résultats de trois programmes proposés au grand public lors d’une conférence de presse organisée aujourd’hui jeudi 28 avril.
L’observation des jardins, le suivi photographique des insectes pollinisateurs (Spipoll), et le recensement des «sauvages de ma rue», sont autant d’initiatives qui s’appuient sur la participation de bénévoles et de passionnés.
 
Depuis sa création en 2006, l’observatoire des jardins a permis de suivre entre 3 et 4.000 jardins, de collecter un million de données sur les papillons, les escargots et les coléoptères en s’appuyant sur le travail de 25.000 bénévoles. Cet observatoire a permis d’améliorer la compréhension de l’impact de l’urbanisation sur la faune. «Nous avons remarqué que les bonnes pratiques de jardinage contrebalancent les effets négatifs de l’urbanisation sur les papillons, mais aussi les escargots et les coléoptères», a commenté Benoit Fontaine du Muséum.
 
En 2010 est né Spipoll, un outil d’inventaire des insectes pollinisateurs basé sur un safari photographique réalisé par les volontaires. Sur les 5.840 inscrits à ce suivi, 600 y ont participé activement. Au total, 2.700 collections de photographies ont nourri le site, qui fournit des clés d’identification en ligne pour l’amateur. La moitié des collections ont été réalisées en milieu urbain, l’autre moitié en zone agricole, en milieux humides ou dans des espaces forestiers. Et tous les départements de France sont couverts. Selon les responsables de Spipoll, 70% des identifications effectuées par les bénévoles sont correctes. Des données qui sont ensuite traitées par le MNHN. Résultat, il semblerait que la ville accueille moins d’espèces de pollinisateurs. La plupart, comme les papillons, évitent l’espace urbain. Par contre chez les hyménoptères, les abeilles sauvages s’adaptent bien au milieu citadin.
 
«Sauvages dans ma rue», le dernier-né du programme Vigie-nature, a été lancé par le Muséum en partenariat avec Tela Botanica, le réseau francophone des botanistes. Sensibiliser à l’environnement par l’action, apprendre à observer, tels sont les objectifs du programme lancé cette année en région parisienne et qui devrait s’étendre à d’autres villes en 2012, comme Montpellier, Toulouse, Bordeaux ou Lyon. Une initiative entièrement consacrée à l’observation des plantes urbaines sauvages et qui invite les citadins à inventorier la flore sauvage de leur quartier, notamment la flore qui se loge dans les interstices. «Pour rassembler ce genre de données, nous avons besoin d’un grand nombre de volontaires» précise Nathalie Machon, professeur d’écologie au Muséum.
«Pour connaître l’évolution de la biodiversité dans le temps, il faut rendre la science participative», complète le président du Muséum. «Les scientifiques doivent sortir de leur tour d’ivoire et aller aux devants des volontaires qu’il faut savoir motiver à travailler sur une longue période.» En guise de conclusion, Gilles Bœuf a insisté sur la nécessité de rendre les données collectées accessibles à tous et d’assurer une bonne restitution au public des résultats scientifiques.


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