Qualité des eaux de baignade

Le 24 février 2005 par Ludivine Hamy
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goutte eau
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Sur demande conjointe du ministère chargé de la santé et du ministère chargé de l’environnement, l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse) vient de remettre son rapport sur le projet de révision de la directive relative à la qualité des eaux de baignade (1).

La protection des eaux de baignade est l'une des composantes principales de la politique communautaire de l'eau. Grâce à la directive de 1976, des normes obligatoires ont pu être fixées pour les eaux de baignade dans toute l'Union européenne. Toutefois, en 2002, soucieuse de prendre en compte les avancés de la science, la Commission européenne a proposé de remplacer cette directive, en vigueur depuis vingt-cinq ans. Approuvé en juin 2004, le projet de révision a quatre grands objectifs : renforcer la sécurité sanitaire des baigneurs; améliorer la prévention des risques sanitaires et la connaissance des sources potentielles de pollution; simplifier et harmoniser le contrôle sanitaire à l'échelon européen et, enfin, améliorer la communication et l'information du public. Si ce dernier point a rapidement fait l'objet d'un consensus entre Etats membres, la question des normes sanitaires continue, en revanche, de susciter de nombreux débats, en raison, notamment, des incertitudes scientifiques en ce domaine.

C'est sur cette problématique que l'Afsse a été amenée à se prononcer. Le but de son étude était d'évaluer l'impact des propositions de l'Union européenne, d'une part, sur les risques sanitaires en terme de morbidité associés à l'activité de baignade (seuls les risques de gastroentérites, principale pathologie associée à l'activité de baignade, ont été analysés) et, d'autre part, sur les classements des sites de baignade français.

A l'heure actuelle, la directive de 1976 définit deux types de valeurs seuils (valeurs guides et valeurs comparatives) correspondant à deux catégories de qualité conforme à la baignade (traduites en droits français par la classe « Bonne qualité » et la classe « Moyenne qualité »). Ces catégories sont définies à partir de la concentration de trois types de bactéries : les Escheria Coli [EC], les entérocoques intestinaux [IE] et les coliformes totaux [CT]. Pour classer un site, il faut effectuer entre 3 et 5 prélèvements pour les eaux douces, et entre 4 et 7 pour les eaux de mer. Le classement repose sur l'analyse des résultats du dénombrement des bactéries indicatrices contenues dans 100ml d'échantillon d'eau. Le percentile (1) (80, 90 et 95%) des mesures microbiologiques permet ainsi de définir la conformité de chaque eau pour la baignade. Le classement est réalisé à la fin de chaque saison de baignade, avec les données de la saison qui vient de s'écouler.

Le projet de révision de la directive prévoit en revanche que le classement soit effectué à partir des données des quatre dernières années, et sur la base de 16 mesures de concentration. En outre, seuls les indicateurs Escheria Coli [EC] et entérocoques intestinaux [IE] sont retenus. Pour qu'un site soit classé, il faut que les valeurs seuils sur les deux indicateurs soient respectées simultanément. Ces valeurs sont différentes pour une eau douce et pour une eau de mer. Concernant la qualité des eaux, une catégorie supplémentaire est ajoutée. Ainsi, une eau pourra désormais être considérée comme Excellente, Bonne ou Satisfaisante. Enfin seuls deux percentiles (90 et 95%) des mesures d'EC et d'IE seront retenus. Ils seront calculés par une approche paramétrique (2) et non plus sur une approche non-paramétrique (3) comme dans la procédure actuelle.

Au terme de son étude, l'Afsse met en exergue les modifications qu'il faudra apporter aux règles de gestion des eaux de baignade en France, en cas d'adoption de la directive révisée. Il faudra notamment justifier auprès des parties concernées les différences de valeurs seuils pour les eaux de mer et les eaux douces, et revoir la méthode de calcul des percentiles microbiologiques.



(1) Directive 76/160/CEE

(2) Par exemple, le percentile 80% d'un échantillon est la valeur qui sépare les 80% plus faibles valeurs des 20% plus fortes

(3) Dans une approche paramétrique, on fait l'hypothèse que les données suivent une distribution statistique théorique

(4) Dans une approche non –paramétrique, aucune hypothèse n'est faite sur la distribution des données



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