Qualité de l’alimentation: un rapport qui redonne des couleurs

Le 05 février 2014 par Romain Loury
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Serge Hercberg, président du PNNS.
Serge Hercberg, président du PNNS.
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Un rapport remis fin janvier au ministère de la santé préconise d’aller plus loin en matière de régulation de la publicité et de taxes sur les aliments, et ce à l’aide d’un score global de qualité nutritionnelle et d’un code couleur.

Rédigé par Serge Hercberg, président du programme national Nutrition Santé (PNNS), ce rapport de 128 pages se donne pour objectif de donner un «nouvel élan» à la politique de santé nutritionnelle française [1]. Parmi les propositions, trois font l’objet de polémiques récurrentes: l’étiquetage nutritionnel, la publicité (ou plutôt sa régulation), et la taxation des produits les moins sains.

«Ces mesures sont complémentaires et leur cohérence repose sur l’utilisation d’un outil commun, le score global de qualité nutritionnelle», estime le rapport. Ce score reposerait sur 4 éléments jugés négatifs (densité énergétique, teneurs en sucres simples, en graisses saturées et en sel), chacun doté d’une note de 0 à 10. A l’inverse, des points seraient soustraits en fonction de la teneur en fruits et légumes, en fibres et en protéines.

Finalement, ce score serait compris de -15 à 40, les valeurs les plus hautes correspondant aux aliments les moins sains. Il servirait à définir l’étiquetage sur la face avant des produits, le rapport évoquant pour cela un code couleur allant du vert au rouge, en passant par le jaune, l’orange et le vert fuchsia –système rappelant le code tricolore mis en place au Royaume-Uni, et déjà évoqué en France (voir le JDSA).

Le rapport va plus loin: selon lui, ce score pourrait même permettre de réguler la publicité sur les produits. Par exemple, celle diffusée à la télévision entre 7h et 22h serait réservée aux aliments les plus sains -ceux dont le score est inférieur à un seuil à définir. Pour les autres, elle ne serait permise qu’entre 22h et 7h, et serait même interdite sur internet! Pas de limitation à la radio, mais un message audio indiquant la «couleur» du produit devrait être diffusé en fin de publicité.

Une taxe en plus, ou de la TVA en moins

Autre application, une taxe pourra être appliquée à chaque produit de manière proportionnelle à son score, avec éventuellement une réduction de la TVA pour les produits les plus sains. Ce qui, au final, reviendrait à une «fat tax», certes plébiscitée par de nombreux experts en nutrition, mais qui fait présager de houleux débats avec l’industrie agroalimentaire.

Entre autres mesures, Serge Hercberg propose d’améliorer l’offre des distributeurs automatiques, en les obligeant à présenter au moins 30% de produits de bonne qualité nutritionnelle, dotés de logos «verts» ou «jaunes» selon son système, dont fruits, légumes, yaourts, eaux en bouteille et boissons non caloriques.

[1] Outre ce rapport axé sur la prévention, un autre, rédigé par  Arnaud Basdevant, président du plan Obésité, a été remis le même jour au ministère de la santé, sur le suivi médical des maladies liées à la nutrition.

 



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