Qualité de l’air: les bonnes et les mauvaises mesures

Le 09 décembre 2016 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'avenir est aux zones à basse émission?
L'avenir est aux zones à basse émission?

Alors qu’un pic de pollution important est observé depuis le 30 novembre dans l’Hexagone, quelles sont les mesures les plus efficaces pour pouvoir respirer de nouveau?

 

A COURT TERME

La circulation alternée a été mise en place à Paris, Lyon et Villeurbanne au cours de la semaine, avec peu d’effets pour l’instant (cf. la vidéo de la semaine).Selon Airparif, la circulation a été réduite le 6 décembre[1] de 8% seulement par rapport à une journée habituelle. Par comparaison, elle avait baissé de 18% en mars 2014 pour une baisse des concentrations de particules de 6% et des oxydes d’azote de 10%.

La circulation alternée ne sera pas reconduite à Paris ce week-end en raison de prévisions plus favorables d’Airparif.

L’encadrement des émissions polluantes: l’interdiction du chauffage au bois (en foyer ouvert) ou la régulation des émissions industrielles les plus polluantes ont déjà été actionnées dans la vallée de l’Arve.

 

 

 

A LONG TERME

La zone à basse émission: c’est la formule qui a été le plus souvent choisie par les métropoles européennes. Avec davantage de succès que le péage urbain. Milan, qui en a créé une dans son centre historique en 2008, est parvenu à réduire de 30% le trafic ainsi que les concentrations de PM10. Même chose à Berlin où les concentrations ont baissé, en moyenne, de 5% par an.

Au total, on compte 100 zones à basse émission en Italie, 78 en Allemagne, 13 aux Pays-Bas, 8 en Suède, 4 au Danemark, 4 en Autriche, 1 au Royaume-Uni, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Pour l’heure, la France a seulement mis au point un dispositif de vignettes, permettant aux municipalités qui le souhaitent de restreindre la circulation. Elles sont lancées à Paris et à Grenoble.

Le péage urbain: Londres le teste depuis 2003. Les automobilistes doivent s’acquitter d’un forfait de 11,5 livres (13,7 €) pour entrer dans l’hypercentre de Londres pendant la semaine. Son effet n’a pas été probant sur les émissions de particules. Mise en œuvre en 2007, la ‘taxe d’embouteillage’ (4 € aux heures de pointe) a permis de réduire de 20% le trafic dans la capitale suédoise et de 10 à 14% les émissions de polluants. Le produit des péages urbains de Stockholm sert en outre à financer la construction de 3 tronçons de ligne de métro et de 9 stations.

Une fiscalité défavorable au gazole: En France, en 2017, le gazole restera moins taxé que l’essence, malgré le rééquilibrage engagé par le gouvernement. Les véhicules diesel sont pourtant plus émetteurs de particules en suspension.

Fortement critiquée avant d’être enterrée, l’écotaxe pourrait pourtant réduire le trafic des poids lourds, responsable du tiers de la pollution atmosphérique en Europe. En France, le Conseil d’Etat a d’ailleurs rappelé au gouvernement, le 5 décembre, qu’il devait l’appliquer, au regard de la loi, d’ici juin 2017. Cette taxe pourrait surtout permettre de financer le déploiement de transports doux.

Les transports alternatifs: Le recours au vélo pourrait être facilité par la hausse de l’indemnité kilométrique vélo et le déploiement de territoires cyclables (deux propositions du Réseau Action Climat). Le développement des transports en commun et du covoiturage ne peuvent pas non plus nuire. Mais c’est du côté des véhicules électriques que la ministre de l’environnement devrait faire des annonces le 10 décembre en Conseil des ministres. L’Hexagone en compte environ 50.000 aujourd’hui pour un parc total de 38,6 millions de véhicules.



[1] au premier jour de la mise en place de la circulation alternée

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus