Qualité de l’air: la croisière abuse

Le 06 juillet 2017 par Romain Loury
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Des colosses marins
Des colosses marins
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Pour les croisiéristes, le grand large n’est pas, loin de là, synonyme de qualité de l’air: diffusée lundi 3 juillet sur la chaîne britannique Channel 4, une enquête révèle que la pollution par les particules fines à bord des bateaux de croisière est aussi élevée que dans les grandes métropoles asiatiques.

Les bateaux de croisière ont la cote: 25,3 millions de passagers internationaux sont attendus à leur borden 2017, contre 15,8 millions il y a 10ans, selon le dernier rapport annuel de l’Association internationale des compagnies de croisières (CLIA). Cette année-là, 6,7 millions d’Européens avaient opté pour une croisière, soit 3,5% de plus qu’en 2015.

Comment expliquer un tel engouement? Probablement pas par la qualité de l’air que l’on respire à bord. Selon une enquête diffusée lundi 3 juillet dans l’émission britannique Dispatches, sur Channel 4, la pollution y est très élevée. Pour la mesurer, les journalistes se sont embarqués à bord de l’Oceana, un navire de la compagnie P&O, de 250 mètres de long et pouvant accueillir plus de 2.000 passagers.

Deux fois plus qu’au centre de Londres

A proximité des cheminées, et sous le vent, la concentration de l’air en particules ultrafines atteint 84.000 par centimètre cube, soit plus du double de ce que les journalistes avaient mesuré sur le carrefour de Piccadilly Circus (38.840 par cm3), en plein centre de Londres.

Selon Matt Loxham, chercheur à l’université de Southampton et expert de l’impact sanitaire de la pollution causée par les bateaux, «ces niveaux sont ceux que l’on s’attend à voir dans certaines des villes les plus polluées du monde, telles que Shanghai, Delhi, etc.». C’est uneexposition à court terme, mais elle peut être particulièrement nocive pour les personnes souffrant d’asthme ou de troubles cardiovasculaires.

Un million de voitures

Selon l’enquête, un tel bateau de croisière émettrait autant de particules par jour qu’un million de voitures. Il en faut donc 30 pour en dégager autant que l’ensemble des voitures roulant sur le sol britannique.

Outre les particules, les bateaux fonctionnent grâce à un diesel très chargé en soufre (3,5%), 3.500 fois plus concentré que ce qui est permis pour le diesel des voitures. A partir de 2020, la teneur maximale sera ramenée à 0,5%.

 



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