Qualité de l’air et sécurité alimentaire au cœur du travail de l’Anses

Le 18 mars 2013 par Stéphanie Senet
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L'Anses va plancher sur les différentes particules fines émises par les véhicules
L'Anses va plancher sur les différentes particules fines émises par les véhicules

La qualité de l’air intérieur et extérieur ainsi que la sécurité alimentaire seront les deux dossiers prioritaires de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) pour l’année 2013, a indiqué son directeur général Marc Mortureux, lors d’une conférence de presse organisée ce 18 mars à Paris.

Pour améliorer la connaissance de la qualité de l’air intérieur, l’agence a décidé de publier, cette année, trois nouvelles valeurs-guides (VGAI). Elles concerneront le dioxyde d’azote (NO2), l’un des principaux polluants du trafic automobile, l’acroléine (C3H4O), présente dans la fumée de cigarette et émise par la combustion des bois et des plastiques, et l’acétaldéhyde (CH3CHO), produit par les poêles à bois, les chaudières, les centrales électriques, l’incinération des déchets et la cuisson des aliments.

La qualité de l’air intérieur représente un enjeu majeur de santé publique puisque chaque individu passe, en moyenne, 85% de son temps dans un environnement clos, dans lequel il est exposé à de nombreux polluants, a rappelé l’Anses.

A la demande des ministères de la santé et de l’écologie, des travaux vont aussi être réalisés pour déterminer les substances volatiles et semi volatiles émises par les meubles. Une liste de 10 substances faisant l’objet d’un étiquetage obligatoire devrait être publiée dans le courant de l’année, à l’instar de ce qui existe déjà pour les produits de construction et de décoration.

L’allergie aux pollens ou pollinose, qui touche 15 à 20% de la population française, va également faire l’objet d’un travail d’expertise. L’Anses compte produire un état de la connaissance des différents pollens, leur rôle dans le développement des allergies respiratoires, et leurs interactions avec les polluants atmosphériques. Elle précisera aussi les facteurs de développement des plantes pollinisantes et les dispositifs de surveillance existant en France et à l’étranger, et préconisera des recommandations.

Deuxième priorité: l’étude de la pollution atmosphérique urbaine. Elle ciblera les particules fines émises par le trafic routier, en particulier les véhicules diesel et les nouveaux moteurs. Un indicateur pertinent pourrait être proposé pour les évaluer plus précisément.

Mais la route n’est pas la seule source de pollution atmosphérique. L’Anses s’intéresse aussi aux enceintes des transports ferroviaires souterrains. Depuis le début des années 2000, de nombreuses études ont en effet montré que la concentration en particules fines PM10 était très supérieure à la concentration observée à l’extérieur. L’agence poursuit donc le travail entamé l’an dernier pour préciser l’état des connaissances sur la toxicité de ces polluants spécifiques, les risques associés à l’exposition des travailleurs ainsi que les politiques de gestion à mettre en œuvre.

Dernière priorité: accentuer la sécurité alimentaire, dont l’actualité récente a montré les limites actuelles. Son objectif est de développer plus d’une centaine de méthodes d’analyse d’ici trois ans, afin de les transmettre aux laboratoires opérant sur le terrain.

Les agents pathogènes à l’origine de toxi-infections alimentaires (virus, parasites et toxines) seront particulièrement visés. Selon l’Institut national de veille sanitaire (InVS), 1.100 toxi-infections alimentaires collectives sont observées chaque année, et pour le tiers d’entre elles, l’origine reste inconnue.

Les contaminants chimiques pouvant avoir un effet néfaste sur la santé, y compris à faible dose, seront aussi visés par l’agence. Celle-ci s’engage à développer les méthodes de dosage et de spéciation des principales espèces de chrome, dont le chrome VI, dans les aliments et dans l’eau, ainsi que la détection des perturbateurs endocriniens. Une nouvelle analyse de dosage par criblage devra permettre de rechercher 150 pesticides à la fois.

Enfin, en ce qui concerne la littérature scientifique attendue cette année, il faut noter la publication au printemps de l’avis et du rapport d’évaluation des risques du bisphénol A (BPA) pour la santé humaine, accompagnés d’un rapport sur les autres bisphénols, et d’une étude sur les alternatives au BPA.

Les résultats de l’expertise sur les boissons énergisantes sont quant à eux prévus pour l’été, tout comme l’état des lieux des substances émises par les produits bitumineux et leurs effets sur la santé des travailleurs.

Un rapport d’évaluation et un avis sur les radiofréquences seront publiés à la fin du premier semestre. Les nanomatériaux feront l’objet d’une méthodologie pragmatique d’évaluation des risques d’ici la fin de l’année. Sont également programmés: un rapport sur les risques d’émergence de l’antibiorésistance dans le domaine de la santé animale, sur les performances des équipements de protection individuelle portés par les travailleurs agricoles manipulant des pesticides, et sur la première année de surveillance de la mortalité des abeilles et de leurs maladies.



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