Qu’attendre de Nagoya ?

Le 18 octobre 2010 par Sabine Casalonga
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La 10e réunion des Parties de la Convention sur la diversité biologique (COP 10) s’ouvre aujourd’hui à Nagoya (Japon). Etape-clé de l’année de la biodiversité, la réunion verra se confronter les visions souvent opposées des pays du Nord et du Sud concernant les financements, le partage des bénéfices et le choix d’objectifs ambitieux. Revue de détails.

 

Les 193 Etats parties de la CDB qui ont échoué à atteindre leur objectif fixé, visant à réduire significativement le taux d’érosion de la biodiversité d’ici 2010, se retrouvent du 18 au 29 octobre dans la ville de Nagoya (Japon). Ils devront élaborer une nouvelle stratégie pour le XXIe siècle, alors que le déclin des espèces vivantes et des écosystèmes se poursuit de façon alarmante.

Vision et objectifs pour 2020

L’élaboration du nouveau plan stratégique de la CDB (2011-2020), associé à une vision à l’horizon 2050, fournira un cadre pour les gouvernements, ensuite libres de définir leurs propres objectifs nationaux. Parmi les 20 propositions d’objectifs pour 2020 figurent l’intégration de la biodiversité dans les prises de décision, la promotion de l’utilisation durable de la biodiversité, la création de nouvelles aires protégées en mer et sur terre (jusqu’à 20 % des surfaces terrestres) et enfin la suppression des subventions néfastes pour la biodiversité.

Financements innovants

La mobilisation de ressources notamment en faveur des pays du Sud, sera au cœur des enjeux de Nagoya. Les pays en développement ont conditionné l’augmentation des aides à leur accord pour des objectifs ambitieux ainsi qu’à la création de l’IpBes [voir le JDLE]. Certains pays estiment qu'il faudrait multiplier par 100, d'ici 2020, le budget mondial consacré à la préservation de la biodiversité, estimé à 3 milliards de dollars (2,15 milliards d’euros) aujourd’hui.

« Le manque de ressources financières appropriées et le sous-développement de mécanismes financiers pertinents ont contribué à l’échec de l’objectif 2010. Mais là où les ressources financières étaient disponibles, de vraies différences ont pu être observées », note la CDB dans son communiqué. La crise financière a par ailleurs concouru à faire baisser les budgets pour l’aide à la protection de la biodiversité. La CDB plaide pour la mise en place de financements innovants, comme le paiement des services rendus par les écosystèmes ou les mécanismes de compensation pour les pertes de biodiversité.

Partage des avantages

L’adoption d’un protocole sur l’accès et le partage des avantages (APA ou ABS en anglais) sera au cœur des discussions à Nagoya. En négociation depuis 2002, ce texte vise à instaurer un cadre international pour permettre un partage équitable des bénéfices issus de l’usage des ressources génétiques, le plus souvent dans des pays du Sud [voir le JDLE]. En cas de « biopiratage », le pays d’origine serait autorisé à poursuivre et à sanctionner les fraudeurs. Mais les discussions sur ce nouveau régime avanceraient lentement, les entreprises pharmaceutiques et agroalimentaires s'inquiétant de ses modalités pratiques, selon Reuters. La France soutient la proposition de pays africains de créer un Fonds dédié aux partages des avantages, abondé par le secteur privé et les Etats [voir le JDLE].

Donner un prix à la biodiversité

La présentation à Nagoya du rapport Teeb (The Economics of Ecosystems and Biodiversity) sera l’occasion de rappeler aux décideurs que la protection de la biodiversité et des écosystèmes a un coût moins élevé que celui de leur restauration.

Dans un communiqué de ce jour 18 octobre, le WWF insiste sur la nécessité de donner une valeur à la nature. « Nous avons besoin de mettre une étiquette-prix sur le rôle joué par la nature dans l’approvisionnement en air pur et en eau dans nos villes, en sols fertiles et en poissons pour notre nourriture et en secrets génétiques et chimiques pour notre santé », a déclaré Jim Leape, directeur général du WWF international. Le WWF soutiendra l’adoption d’un objectif relatif à l’intégration de la valeur de la biodiversité dans la richesse nationale et les stratégies de réduction de la pauvreté.

Le WWF soutient également l’objectif de 20 % d’aires protégées en 2020. Ainsi qu’un taux de déforestation nul en 2020, via le renforcement des programmes pour la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (Redd), déjà sur la table des négociations sur le climat.

Dans un cadre de négociations parallèles, un protocole additionnel au protocole de Carthagène sur la biosécurité — relatif aux OGM — a été adopté le 16 octobre. Baptisé « Nagoya-Kuala Lumpur » en référence à la capitale malaisienne où les négociations ont démarré il y a 6 ans, ce nouveau traité international marquera un progrès pour les pays en développement qui, contrairement aux pays de l’UE, ne disposent pas de législation sur la responsabilité environnementale.

 

 

 

 



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