Pyrénées: derrière l’ours, il y a un loup

Le 11 juillet 2018 par Marine Jobert
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En 6 mois, 130 brebis auraient été prédatées. Mais par qui?
En 6 mois, 130 brebis auraient été prédatées. Mais par qui?

Alors que la réintroduction de deux oursonnes est annoncée dans les Pyrénées occidentales, des éleveurs ovins ont organisé une battue aux loups illégale. Et ce, alors que l’ONCFS réfute la responsabilité du loup dans ces attaques.

Ils en sont sûrs: le loup dévore leurs brebis. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), à la lumière de prélèvements et d’analyses des prédations, penche plutôt pour des chiens errants. Mais les éleveurs de Lys, Rébénacq et Bosdarros ou des estives de Aste-Béon, Castet, Lys et Louvie Soubiron mettent radicalement en cause cette thèse et accusent l’ONCFS de «persister dans le déni». Le 8 juillet, ils étaient une centaine, armés de fusils, à arpenter la vallée d’Ossau, dans le Béarn, pour une battue aux loups. Une démonstration de force qui a amené la procureure de la République de Pau à ouvrir une enquête en flagrance ce 10 juillet. Les éleveurs ont prévenu qu’ils étaient prêts à organiser «de nouvelles battues illégales et produire bien plus d’effarouchement encore. Il en va de la survie des troupeaux comme de celle des éleveurs».

Un loup de lignée balte en Lozère? C’est l’ONCFS qui en a fait l’annonce fin juin, après avoir analysé des échantillons de poils et d’urine prélevés à Margeride. «Considérant la faible probabilité d’une arrivée naturelle de cet animal sur le territoire lozérien, des recherches sont d’ores et déjà en cours pour en identifier la provenance», indique l’Office. Un animal qui, s’il est repéré, ne devrait pas rester longtemps en liberté: «Les modalités de retrait [de son] milieu naturel» sont en cours d’examen. Le dernier bilan du suivi hivernal de la population des loups fait état de la présence de 430 loups en France (+20% par rapport à l’an passé).

Imposer de grands prédateurs

Derrière cette colère, ce n’est pas un loup, mais bien un ours qui se cache. Car Nicolas Hulot a l’intention de relâcher deux oursonnes prochainement dans la partie occidentale des Pyrénées. «Les éleveurs des vallées béarnaises et souletines sont déterminés à ne pas laisser l’Etat imposer des grands prédateurs sur le territoire, qui plus est, en utilisant un tel niveau de supercherie, indigne du service de l’intérêt général», indique la fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne dans une lettre. A la différence de l’ours, le loup n’a pas été réintroduit sur le territoire français et, selon le suivi hivernal 2017 de l’ONCFS, les deux zones de présence permanente (ZPP) à la frontière de la Catalogne espagnole n’abritent pas de meute. Quant à la ZPP située au nord des Pyrénées-Orientales, elle a été déclassée, faute d’indices.

L’hybridation en jeu

Les éleveurs pyrénéens font écho à la stratégie de leurs homologues aveyronnais. C’est le même laboratoire allemand -dont les méthodes scientifiques sont très critiquées par l’ONCFS- qui a été sollicité pour analyser des prélèvements sur les carcasses des brebis tuées «avant que les vautours n’effacent toutes les preuves (sic)». L’objectif, ici aussi, est de prouver que les prédateurs sont des loups hybridés avec des chiens, dans l’espoir de faire perdre au loup le statut d’espèce protégée que lui assure la Convention de Berne. Un espoir vain en l’état actuel du droit, battu en brèche par les analyses génétiques publiées l’automne 2017 par l’ONCFS, mais poursuivi sans relâche par des éleveurs aux abois. Quant à la présence du loup, les éleveurs produisent une photo (voir ci-dessous) censée attester, «comme un coup de tonnerre», sa présence.



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