Puits offshore: en mer du Nord, du méthane fantôme

Le 04 septembre 2017 par Romain Loury
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Jusqu'à 17.0000 tonnes de méthane/an
Jusqu'à 17.0000 tonnes de méthane/an

Une fois abandonnés, les puits sous-marins de la mer du Nord continuent à émettre du méthane. Les quantités dégagées pourraient être importantes, constituant même l’essentiel du budget méthane de cette région, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology.

L’extraction d’énergies fossiles compte parmi les principales sources d’émission de méthane, un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global est 28 fois plus élevé que le CO2. Ces émissions sont mal connues, notamment du fait que les foreurs n’ont obligation de les mesurer que pendant la phase d’exploitation.

Un tiers de puits offshore concernés

Or la mer du Nord regorge de puits offshore abandonnés, dont environ un tiers ont été forés à travers des sédiments où la présence de méthane, situé au-dessus de la poche d’hydrocarbures recherchée, est avérée. Fortement déstabilisées pendant le forage, ces couches continuent ainsi à fuiter, le méthane remontant doucement, mais sûrement, vers le plancher marin.

En 2015, Lisa Vielstädte, du centre Helmholtz pour la recherche océanique de Kiel (GEOMAR, Allemagne), et ses collègues avaient mené, dans la zone centrale de la mer du Nord, une première étude sur trois puits abandonnés. Situés à des profondeurs comprises entre 81 et 93 mètres de profondeur, ces puits dégageaient respectivement 1, 4 et 19 tonnes par an de méthane.

Jusqu’à 17.000 tonnes/an

A partir de ces résultats, les chercheurs ont extrapolé les fuites totales de méthane des 11.122 puits recensés dans la mer du Nord. En supposant qu’un tiers fuient effectivement, les émissions seraient comprises entre 3.000 et 17.000 tonnes par an de méthane[i]. Ce qui est bien au-delà des 600 tonnes de méthane déversées chaque année par les rivières dans la mer du Nord, ou des 200 tonnes qui s’échappent spontanément de la couche sédimentaire.

Selon les chercheurs, 42% du méthane issu des puits parviendrait jusqu’à la surface -soit sous forme de bulles, soit en diffusant sous forme dissoute-, une fraction qui participerait donc directement à l’effet de serre. Quant au méthane restant (environ 58%), il serait directement métabolisé par les bactéries ou favoriserait une acidification locale.



[i] Les chercheurs ont choisi d’exclure l’un des trois puits initiaux de leur analyse, celui émettant 19 tonnes/an de méthane. Creusé dans une cheminée sismique, il est probablement peu repésentatif.

 



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