Puberté précoce : des produits ménagers suspectés

Le 03 septembre 2012 par Geneviève De Lacour
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L'âge de la puberté est passé de 17 à 12 ans en un siècle
L'âge de la puberté est passé de 17 à 12 ans en un siècle

Les jeunes filles exposées à des produits ménagers auraient en moyenne leurs premières règles 7 mois avant celles qui n’ont jamais été en contact avec ces produits chimiques. C’est ce que révèle une étude réalisée par les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Les scientifiques américains ont examiné le cas de 440 jeunes filles âgées de 12 à 16 ans participant à un programme national de surveillance de la nutrition. Ils ont recherché dans leurs urines la présence de dichlorobenzène (PDCB), un solvant très couramment utilisé dans les boules antimites ou les désodorisants solides des toilettes. On le suspecte d’être un perturbateur endocrinien, et donc de pouvoir avancer l’âge de la puberté des jeunes filles. Une substance suspectée d’être également cancérigène.

Dans les années 1990, le solvant a été détecté dans les urines de 98% des personnes testées. Comme cancérigène possible et ayant également la capacité de migrer vers le fœtus et vers le lait maternel, la Californie l’a interdit en 2006. L’Etat souhaite réduire de 60% sa concentration dans l’air intérieur.

En fait, les médecins ont constaté que l’âge moyen des premières menstruations des adolescentes dont les urines contiennent le taux le plus élevé en métabolites du dichlorobenzène est de 11,8 ans. Tandis que pour celles dont les concentrations sont les plus faibles, les premières menstruations surviennent vers 12,4 ans.

Si l’étude prend en compte les facteurs raciaux et de poids dans la précocité des menstruations, elle ne tient en revanche pas compte des antécédents des patientes et donc du fait que l’exposition à certaines périodes de la vie soit  plus critique qu’à d’autres.

De précédents résultats ont révélé que des retardateurs de flamme de type bromés, des insecticides comme le DDT, des phtalates ou même le BPA pourraient favoriser le phénomène de puberté précoce. Si cette étude suspecte le dichlorobenzène, elle n’établit pourtant aucune corrélation avec la présence de BPA et de phtalates.

Enfin un chercheur du centre médical de l’université de Rochester préfère rester prudent face à ces résultats. Selon lui, il ne faut pas oublier que les femmes dont la puberté arrive précocement n’ont peut-être tout simplement pas la même capacité physiologique à métaboliser cette substance chimique. «Peut-être que le dichlorobenzène n’a rien à voir avec l’arrivée précoce des premières règles et n’est qu’un marqueur d’une différence physiologique chez ces personnes», commente Richard Stahlhut.

 

 

 



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