PSA et L'Oréal présentent leur politique de SST

Le 13 décembre 2004 par Christine Sévillano
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Le colloque de l'Ensam sur les enjeux de la santé-sécurité au travail s'est clos jeudi 9 décembre sur un débat concernant les stratégies à mettre en œuvre. Jean Sevagen de PSA et Vincent Deperrois de L'Oréal ont exposé leur politique de management. Leur premier objectif: tendre vers le "0" accident de travail.

Le colloque sur les enjeux industriels et sociaux de la santé-sécurité en France et en Europe, organisé par l'Ecole nationale supérieure d'arts et métiers (Ensam), l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et la Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (Cramif) s'est terminé jeudi par l'intervention de représentants de PSA Peugeot Citroën et de Soproréal, filiale de l'Oréal à Aulnay-sous-Bois, sur le bilan de deux ans de politique de management en santé et sécurité.

Jean Sevagen, en charge des conditions de travail au sein des ressources humaines de PSA, a rappelé les enjeux en matière de santé et sécurité au travail pour son entreprise qui compte environ 200.000 personnes: "nous devons assurer l'intégrité physique de nos salariés. Nous avons donc relayé notre préoccupation en matière de santé et sécurité auprès de nos partenaires sociaux et nous avons signé avec eux un accord sur l'amélioration des conditions de travail en 2001". Jean Sevagen a également rappelé l'enjeu sociétal, c'est-à-dire l'image que l'entreprise donne en particulier à ses partenaires. "Si nous ne maîtrisons pas la santé et la sécurité au travail, cela peut signifier pour nos actionnaires que nous ne disposons pas de qualités manageuriales", poursuit le responsable. Les raisons sont aussi économiques. En 2003, PSA a comptabilisé 45.000 jours chômés en raison de défaillances en matière de santé et sécurité. Les charges que cela génère pour l'entreprise restent néanmoins difficiles à évaluer.

"Nous sommes donc sortis d'une logique curative pour entrer dans une logique préventive. Il est cependant difficile d'intégrer cette nouvelle tactique dans l'esprit des ingénieurs. Il est en effet bien plus facile de mesurer la qualité ou la productivité que la performance en sécurité ", affirme Jean Sevagen. Le constructeur automobile a donc sensibilisé tous les managers à la prévention, développé une expertise dans tous les domaines d'activités, des forges au design, et surtout il s'efforce à déployer une culture de la sécurité. Pour y parvenir, PSA a mis en place une ritualisation des démarches de prévention. Par exemple, chaque matin à la même heure, un agent de maîtrise fait le tour des équipes de production pour vérifier et contrôler un certain nombre de points liés à la sécurité. Autant de mesures que le groupe demande également à ses sous-traitants, mais avec un peu moins de succès. En 2003, PSA n'a eu à déplorer aucun accident mortel, ce qui n'est pas le cas de ses prestataires. "Le résultat est bon puisque nous avons divisé le nombre d'accidents par deux, mais nous voulons aller vers plus de contrôle pour une éradication des accidents. La qualité, les délais et la productivité sont importants mais il n'y a pas de résultat admissible sans sécurité", conclut Jean Sevagen.

Pour Vincent Deperrois, directeur de Soproréal, le management en matière de santé et sécurité a été poussé par le groupe qui affichait, en 2002, un taux de fréquence 6 accidents avec arrêt de travail sur un million d'heures travaillées. Sur le site de Sopréal, qui compte 450 personnes, ce taux s'élevait à 19. "La crédibilité de l'entreprise était en cause. J'ai donc mis en place une politique de rupture avec un seul objectif: zéro accident", explique Vincent Deperrois. Toute la palette d'outils a été déployée sur le site avec des audits, des formations ou des analyses de risque. "J'ai bien affirmé que chacun avait le droit et le devoir d'arrêter une opération qui ne respecte pas la sécurité", poursuit le directeur. Il a également mis en place une politique d'accompagnement de l'accidenté, mais aussi de dialogue avec les salariés. Vincent Deperrois affirme d'ailleurs arrêter parfois l'appareil de production suite à un incident pour en discuter: "le résultat est à la hauteur de notre stratégie. A Soproréal, le dernier accident avec arrêt de travail date d'octobre 2003 et pour 2004 le taux de fréquence d'accident est passé à zéro".

Jean Sevagen et Vincent Deperrois ont souligné le rôle essentiel que leur direction générale a joué dans leur politique. Un engagement important étant donné le coût d'une politique de santé-sécurité. Selon le responsable de PSA, celle-ci aurait nécessité pas loin d'une centaine de millions d'euros. Toutefois, le directeur de Soproréal relativise: "je vois surtout les gains dans ce type de management, humains certes, mais aussi en termes d'assurance. Notre politique nous a permis d'obtenir 50% de réduction de la part de l'assureur. Nous ne payons plus que 500.000 euros de prime par an."




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