Protocole de Montréal: un anniversaire triomphant

Le 14 septembre 2007 par Claire Avignon
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Jusqu’ici, la lutte contre l’appauvrissement de la couche d’ozone a été le seul succès incontestable de la diplomatie internationale en matière d’environnement. De nouveaux défis vont pourtant être à l’ordre du jour de la prochaine réunion des parties prenantes au protocole de Montréal.

95% des substances appauvrissant la couche d'ozone (Saco) qui doivent avoir été éliminées à l'horizon 2010 l'ont déjà été, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue). Et cela, grâce à 2,5 milliards de dollars mobilisés depuis la signature du protocole de Montréal, le 16 septembre 1987. «Ce n'est pas un montant extravagant par rapport à la menace évitée», a jugé Sylvie Lemmet, directrice de la division technologie, industrie et économie du Pnue, lors d'une conférence de presse organisée par le secrétariat d'Etat à l'écologie, jeudi 13 septembre.

Cette mobilisation internationale devrait permettre de résorber le trou de la couche d'ozone. Mais attention, ce résultat n'est pas encore visible: «Une modification majeure de la taille du trou n'est pas attendue avant 20 ans», a précisé Marie-Lise Chanin, directrice de recherche émérite au service d'aéronomie du CNRS.

Un autre succès, non attendu en 1987, est désormais attribué au protocole de Montréal. Certaines Saco étant également des gaz à effet de serre (GES), leur élimination a permis d'éviter que les changements climatiques ne s'accélèrent davantage (1). Ainsi, pour la seule année 2010, ce seront plus de 10 gigatonnes d'équivalent CO2 (GtCO2-eq) qui auront été évités. Pour comparaison, le protocole de Kyoto doit permettre d'éviter, en tout, 2 GtCO2-eq d'ici 2012.

C'est avec le même type d'argument que le Pnue et l'Union européenne comptent avancer le calendrier de bannissement des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), lors de la 19e réunion des parties au protocole qui va avoir lieu du 17 au 21 septembre. Ces substituts aux CFC sont à la fois des Saco et des GES jusqu'à 2.000 fois plus puissants en terme d'effet de serre que le CO2. L'interdiction de leur utilisation n'est prévue qu'en 2030 pour les pays industrialisés, et 2040 pour les pays en voie de développement. «Si l'on réussissait à geler la production et l'élimination 10 ans plus tôt que prévu, 35 GtCO2-eq seraient évités entre 2007 et 2030», a estimé Sylvie Lemmet.

«L'Union européenne et les Etats-Unis ont un accord sur cette accélération de calendrier. Mais un pays bloque encore: la Chine», a indiqué Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'écologie. Selon elle, ce n'est pas sans rapport avec le fait que le pays s'enrichit grâce aux projets de mécanisme de développement propre (MDP) relatifs aux HFC-23. Ces GES sont émis lors de la fabrication des HCFC-22 (2). Pour continuer à brûler les HFC-23 et donc bénéficier des avantages financiers des MDP, la Chine veut continuer à produire des HCFC-22, et ce, le plus longtemps possible.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, cette mauvaise articulation entre les protocoles de Montréal et de Kyoto démontre la nécessité d'une «gouvernance mondiale» en matière d'environnement, au sein d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement (Onue) plus puissante que le Pnue. Car, rappelle Marc-Antoine Martin, secrétaire général du Fonds français pour l'environnement mondial, «les 6 principales menaces que sont le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation des eaux, celle des sols (dont le déboisement et la désertification), la destruction de la couche d'ozone et les polluants organiques persistants (POP) sont des menaces interdépendantes.»



(1) Voir l'article du JDLE «Réchauffement climatique: le protocole de Montréal bat celui de Kyoto»

(2) Voir l'article du JDLE «Le protocole de Kyoto menace celui de Montréal»




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