Prothèses PIP: rupture observée pour une femme opérée sur trois

Le 05 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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Une prothèse fabriquée par la société PIP
Une prothèse fabriquée par la société PIP

Les fameuses prothèses mammaires de la société Poly Implant Prothèse (PIP), au silicone frelaté, n’ont pas fini de faire parler d’elles. Quelques mois après le début du scandale, le bilan se fait de plus en plus lourd. Près du tiers des prothèses explantées présentent une ou plusieurs ruptures et le nombre de cas de cancer chez les femmes porteuses de la prothèse s’élève dorénavant à 48, soit trois cas de plus qu’en mars.

Fin décembre, le gouvernement recommandait aux 30.000 Françaises porteuses d’une prothèse PIP de se les faire retirer pour prévenir une rupture laissant s’échapper le gel frelaté (voir JDLE). Selon un bilan diffusé lundi 4 juin par l'Agence des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps), près de 8.000 de ces femmes ont bénéficié d'un retrait des prothèses fabriquées par la société Poly Implant Prothèse, soit 3.000 de plus que mi-mars. Parmi elles, 2.252 présentaient un implant en mauvais état.

Fin avril, 7.868 femmes exactement se sont fait retirer leurs prothèses mammaires, dont 5.257 à titre préventif, indique l’ANSM. Le nombre de ruptures s'élève désormais à 2.702 (soit 475 ruptures de plus qu’à fin mars) pour 2.252 femmes, certaines patientes ayant pu présenter plusieurs ruptures. De même, 1.904 réactions inflammatoires ont été signalées chez 1.380 femmes porteuses de prothèses PIP.

Le nombre d’adénocarcinomes (cancers du sein) constatés s'élève désormais à 48, soit 3 cas de plus que fin mars, toujours selon l'ANSM. Néanmoins, les autorités sanitaires françaises partagent l'avis de l'Institut national du cancer (INCa) publié le 23 décembre dernier, selon lequel il n'y a pas de preuves que les porteuses d'implants PIP ont plus de risques de développer un cancer du sein que la moyenne des femmes. «Il n’existe pas de donnée à ce jour pour conclure à un sur-risque d’adénocarcinome mammaire spécifique à la prothèse PIP en comparaison aux autres implants», précise l’ANSM.

Fabriqués en France par une entreprise varoise, les implants PIP sont remplis d'un gel de silicone frelaté et présentent un taux de rupture très supérieur à la normale. Tandis que la durée de vie classique d'une prothèse de qualité est d'une dizaine d'années, les implants PIP rompent précocement et en moyenne au bout de 5 ans et demi. Quant aux réactions inflammatoires observées chez 1.380 femmes, elles surviennent en moyenne 4 ans et 10 mois après l’implantation.

Les explantations préventives ont commencé dès la publication de la décision de police sanitaire de mars 2010, mais c’est à partir de janvier 2012 que le rythme des explantations s’accélère. C’est-à-dire à la suite de la décision du ministère de la santé demandant que le retrait soit proposé aux femmes porteuses d’implants PIP, de les explanter même sans signe clinique de détérioration et de signaler ces explantations à l’agence.

Selon le communiqué de l'agence, le retrait «préventif» est toujours recommandé par l'ANSM, «compte tenu de la fréquence et de la précocité des événements indésirables observés anormalement chez les porteuses d'implants PIP».

On estime donc à 30.000 le nombre de femmes porteuses de la tristement fameuse prothèse en France. L’explantation, recommandée par le gouvernement fin décembre, est prise en charge par la sécurité sociale, mais pas leur remplacement, sauf pour les femmes ayant subi une reconstruction à la suite d'un cancer du sein.

Des centaines de milliers de prothèses défectueuses ont été exportées par Jean-Claude Mas, le fondateur de la société varoise. Il a été inculpé pour blessures volontaires et a été écroué le 6 mars dernier, faute d'avoir payé une caution de 100.000 euros réclamée par la justice.

 



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