Protéger la biodiversité: un investissement local d’avenir

Le 10 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Des écoliers plantent des mangroves pour protéger la côte sur l’archipel de Kiribati (Océanie).
Des écoliers plantent des mangroves pour protéger la côte sur l’archipel de Kiribati (Océanie).
Shigeyuki Baba

Publié hier, le dernier volet du rapport TEEB, destiné aux décideurs locaux, veut les convaincre de l’intérêt économique et social d’investir dans la sauvegarde des écosystèmes et de la biodiversité. Il vient compléter les deux précédents volets de cette initiative internationale, dédiés aux décideurs politiques et aux entreprises. Une centaine d’exemples de réussites locales sont présentés en guise d’exemples.

 

« Jusqu’à présent, les bienfaits de la nature n’ont joué qu’un rôle mineur en politique. Pourquoi ? C’est principalement dû au fait que beaucoup de services rendus par les écosystèmes sont peu visibles et que leur disponibilité est supposée pérenne à tort. » C’est à partir de ce constat que le rapport TEEB [1] pour les décideurs politiques locaux et régionaux, réalisé sous les auspices du programme des Nations-unies pour l'environnement (Pnue), a l’ambition de faire évoluer la politique locale. Plus de 140 experts issus de plus de 40 pays ont participé aux travaux du rapport, qui réunit des études de cas concernant de nombreux pays tels que l'Afrique du Sud, l'Inde, l'Australie, le Vietnam ou le Pérou.

Dans un premier chapitre, les auteurs rappellent à quel point notre économie et notre qualité de vie dépendent de notre environnement, que ce soit pour l’accès à l’eau, à l’alimentation, aux matières premières, pour la régulation du climat ou encore la prévention des inondations. « Prendre en compte les services rendus par les écosystèmes peut permettre aux municipalités de réaliser des économies, de booster les économies locales, d’accroître la qualité de vie et de sécuriser les moyens d’existence », expliquent-ils ensuite.

De nombreux exemples d’initiatives locales sont présentés, comme ceux des villes de Curitiba (Brésil) et de Bombay (Inde) qui ont renforcé le contrôle des crues en maintenant des espaces verts qui absorbent le ruissellement de l’eau. Dans les régions côtières du Nord du Vietnam, où plus de 70% de la population est menacée par les catastrophes naturelles, des communautés locales ont planté des mangroves, une stratégie d’un meilleur rapport coût-efficacité que la construction et le maintien de digues, soulignent les auteurs. Un investissement de 1,1 millions de dollars aurait ainsi permis d’économiser 7,3 millions de dollars par an en moyenne pour le seul entretien des digues.

Le rapport propose aux décideurs locaux une méthode en six étapes pour conduire une évaluation des services rendus par les écosystèmes. « Quels services rendus par leurs écosystèmes sont-ils les plus importants pour mon économie et ma société locale ? Qui est dépendant de ces services ? Quels services sont-ils menacés ? Comment la mise en œuvre d’une politique risque-t-elle d’affecter ces services? ». Telles sont les questions auxquelles le politique doit répondre.

Cet outil d’aide à la décision utilisé dans une région du Sri Lanka, menacée par la diminution de ses réserves en eau stockées dans des marais artificiels et une accumulation de sédiments, a permis aux décideurs de retenir la solution la plus efficace mais aussi la plus coûteuse -car elle requiert l’élimination de la vase- avec l’aval de la population, satisfaite de la sécurisation de son approvisionnement en eau.

«Les autorités locales et régionales de planification détiennent un immense pouvoir et peuvent jouer un rôle extrêmement positif. Ce rapport cite de nombreux exemples d'intégration réussie des idées en faveur de la biodiversité dans les décisions de planification locales dans le monde entier et précise les avantages qu'en retirent les populations locales» a commenté Janez Poto?nik, commissaire européen à l’environnement, dans le communiqué de la Commission européenne.

Le rapport recommande d'inclure des systèmes de rétribution des services rendus par les écosystèmes, d'élaborer des lignes directrices visant à récompenser une bonne gestion du patrimoine naturel local, ainsi que de mettre en place des processus de certification et de labellisation. 

Financé par la Commission européenne et certains gouvernements, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, l’étude internationale TEEB est portée par l’économiste indien Pavan Sukhdev. Un premier opus à destination des décideurs nationaux a été publié en novembre 2009 (voir le JDLE) et un second, à destination des entreprises, en juillet dernier (voir le JDLE). Le rapport final sera présenté à Nagoya au Japon en octobre lors de la dixième Conférence des Parties (COP 10) de la Convention sur la diversité biologique.

 

 

 

 

 

 

 



[1] The Economics of Ecosystems and Biodiversity



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