Protéger la biodiversité est rentable, selon le rapport Teeb

Le 16 novembre 2009 par Sabine Casalonga
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Un volet du rapport Teeb (1) à destination des décideurs politiques, conduit par l’économiste indien Pavan Sukhdev et publié le 13 novembre, met en avant la rentabilité des investissements dans la protection des écosystèmes, sans toutefois chiffrer le «prix» de la biodiversité mondiale.

Conduite sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), l’étude Teeb a été lancée par l’Allemagne et la Commission européenne en 2007 afin d’évaluer les répercussions économiques du déclin de la biodiversité. Un premier rapport publié en mai 2008 avait notamment permis de chiffrer le coût de l’inaction à 7% du PIB mondial à l’horizon 2050. Le second rapport comprend 5 parties dont celle publié vendredi.

Il pointe quatre axes prioritaires d’action: la déforestation, la protection des récifs coralliens, les politiques de pêche et le lien entre la dégradation des écosystèmes et la pauvreté, souligne le ministère de l'environnement dans un communiqué. «Le rapport démontre qu’il peut être très rentable d’investir dans la protection des écosystèmes, souligne la Commission européenne dans un communiqué. La nature a la capacité de fournir des prestations vitales, telles que la production d’eau douce ou la régulation du climat, pour un prix souvent inférieur aux investissements dans des solutions technologiques.»

Investir 45 milliards de dollars par an dans le développement des zones protégées sur terre et en mer permettrait d'assurer des bénéfices de l'ordre de 4 à 5.000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d'années, estime ainsi Pavan Sukhdev cité par l’AFP. Ce rapport ne présente toutefois pas une analyse systématique des bénéfices économiques de la biodiversité mondiale et des coûts liés à sa perte, qui sera l’objet d’un prochain rapport.

Le rapport a néanmoins identifié deux priorités: l’obtention d’un accord à Copenhague sur la déforestation (via le mécanisme «Redd») et la mise en place de l’IpBES (2, 3), plate-forme d’expertise internationale, sur le modèle du Giec, en 2010.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'environnement et Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie, se félicitent, dans un communiqué du 16 novembre, de ces travaux de qui «constituent une contribution essentielle aux connaissances (...) dont nous avons besoin pour pouvoir prendre les bonnes décisions politiques en matière de conservation et d’utilisation de la biodiversité et des
services des écosystèmes».

Le WWF international qui salue le rapport, regrette que la valeur des ressources naturelles nationales ne soit toujours pas prise en compte par les économistes, alors que le rapport Teeb appelle les gouvernements à l’intégrer aux processus de prises de décision politique. Le rapport Teeb final sera publié en octobre 2010 à la réunion de la Convention sur la diversité biologique (CBD) à Nagoya au Japon.

(1) Etude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité (The economics of ecosystems and biodiversity)
(2) Plate-forme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (Intergovernmental Panel on Biodiversity and Ecosystem Services)
(3) Dans le JDLE «Le ‘Giec’ de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010»


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