Protection de la ressource en eau: trois régions à l’avant-poste

Le 17 juillet 2018 par Stéphanie Senet
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Le conseil régional de Bretagne a été le premier à saisir l'opportunité offerte par la loi NOTRe
Le conseil régional de Bretagne a été le premier à saisir l'opportunité offerte par la loi NOTRe

 

Après la Bretagne et le Grand Est, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) est la troisième région française à être autorisée à œuvrer en matière de gestion et de protection de la ressource en eau, comme le permet la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe).

C’est la région Bretagne qui a ouvert la voie. Demandée de longue date, l’animation de la politique de l’eau au niveau régional lui a été accordée par un décret de mai 2017. Un an plus tard, la motivation reste entière. «L’eau est un élément essentiel de notre territoire. Sans eau, pas de développement économique et pas d’aménagement du territoire, qui sont des compétences de la région. C’est pourquoi il est indispensable que nous travaillions à une eau de qualité et à apprendre à partager cette ressource fragile», déclare au JDLE Thierry Burlot, vice-président de la région, en charge de l’environnement, de l’eau, de la biodiversité et du climat. Première conséquence: la ressource en eau sera au cœur du nouveau Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), en cours d’élaboration en Bretagne. Une évolution importante puisque ce nouveau plan sera opposable aux Scot (Schémas de cohérence territoriale).

 

Solidarité inter-régionale

En France, chaque région s’appuie sur des caractéristiques hydriques spécifiques. La Bretagne dispose d’une pluviométrie abondante, et ses ressources en eau s’appuient à 80% sur des eaux superficielles pour 20% de nappes souterraines. Soit l’exact contraire de la moyenne française. Le massif armoricain repose par ailleurs sur une roche très dure, peu perméable, tandis que le réservoir d’eau de la Bretagne est situé en plein centre de la région, l’une des zones les plus désertées au niveau économique. Autant de contraintes avec lesquelles il faut composer. «Assurer cette nouvelle compétence, c’est aussi imaginer une nouvelle solidarité entre la ville et la campagne. Nous avons donc présenté, en juin, un nouvel outil qui offre à tous les acteurs, et en particulier les établissements publics territoriaux de bassin (EPTB), un appui en matière d’ingénierie de l’eau», explique le représentant breton.

 

Davantage de sécheresses et d’inondations

Désormais, à côté des comités de bassin des agences de l’eau, se tient aussi un ‘Parlement de l’eau’ animé par la région, regroupant les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et les agences de l’eau autour de la même table. Ses priorités? «Alors que les périodes de sécheresse et d’inondation se multiplient en raison du changement climatique, nous devons apprendre à mieux gérer les quantités d’eau, sans oublier leur qualité», poursuit-il. Aujourd’hui, seulement 40% des masses d’eau bretonnes affichent un bon état écologique.

 

Toutes pour un

Dans la région Grand Est, compétente depuis un décret du 19 juin, le premier objectif était de trouver une cohérence hydrographique. «La fusion des anciennes régions nous a obligés à coordonner des politiques de l’eau historiquement très différentes», raconte Adeline Albrecht, directrice adjointe du service de l’eau et de la biodiversité de la région. «Jusqu’à présent, l’Alsace était focalisée sur la protection de sa nappe souterraine et sur l’Ill, un cours d’eau dont elle est propriétaire. De son côté, la Lorraine œuvrait surtout pour la restauration des milieux aquatiques et Champagne-Ardenne ciblait la lutte contre les inondations», ajoute-t-elle. Ces trois missions, ainsi que le développement économique des usages liés à l’eau, sont désormais confiées à tous les bassins de la région, en partenariat avec les trois agences de l’eau Rhin-Meuse, Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée-Corse.

Côté financements, pas de révolution mais la poursuite de budgets déjà conséquents. Soit 20 millions d’euros par an en Bretagne et 7 M€ dans le Grand Est, qui permettent d’aider les collectivités à tendre vers le zéro pesticide, de restaurer les milieux aquatiques les plus touchés par les pollutions diffuses et de mieux connaître l’état des ressources souterraines.

 

Une stratégie à défaut d’un pilotage / Si elles n’ont pas officiellement demandé la compétence pour gérer et protéger la ressource en eau, d’autres régions n’en ont pas moins planché sur des stratégies régionales. C’est le cas de la Nouvelle-Aquitaine qui a adopté la sienne par une délibération du 25 juin dernier. Avec deux tiers des masses d’eau superficielles dégradées et un tiers des nappes souterraines en mauvais état chimique, cette stratégie vise «à encourager le changement de pratiques dans tous les usages de l’eau», en particulier agricoles, et à une nécessaire adaptation aux effets du changement climatique, très bien soulignés par le rapport AcclimaTerra.


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