Prospection offshore au large des côtes varoises : Greenpeace s’inquiète

Le 30 novembre 2010 par Célia Fontaine
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 La société britannique Melrose Resources a commencé la semaine dernière à effectuer des recherches de gaz et de pétrole en mer Méditerranée, conformément à l’autorisation accordée par l’ancien ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo cet été. Outre les dangers inhérents au forage offshore, la zone de recherche en question est située à une trentaine de kilomètres des côtes varoises, juste à côté du sanctuaire Pelagos pour les mammifères marins en Méditerranée.

« Comment le gouvernement français a-t-il pu octroyer ce nouveau permis, 6 mois après la pire marée noire accidentelle de toute l’histoire dans le golfe du Mexique ? », s’inquiète Greenpeace France dans un communiqué du 29 novembre.

L’ONG explique que la zone prospectée contiendrait des hydrocarbures qui se situeraient entre 1.670 à 2.660 mètres de profondeur. Or la plate-forme Deepwater forait du pétrole à 1.500 m de profondeur, et près de 779 millions de litres de pétrole se sont déversés à la suite de l’explosion. Les risques sont donc tout aussi importants, si ce n’est davantage.

La compagnie Melrose va pouvoir effectuer des recherches jusqu’en 2015. Elle bénéficie d’un permis de travaux qui l’autorise à effectuer notamment des tests sismiques et des forages-tests. Si cette phase d’exploration s’avère positive, commence alors la phase d’exploitation.

Ces tests sismiques sont destinés à révéler la présence d’hydrocarbures : toutes les 10 à 15 secondes des ondes acoustiques de 250 décibels sont envoyées par bateau sur des dizaines de kilomètres afin de sonder le sous-sol de la concession, et ce pendant 60 jours. Mais ces tests ne sont pas sans danger pour les espèces qui vivent à proximité. « Le tout proche sanctuaire de Pélagos abrite 8.500 espèces animales représentant entre 4 et 18 % des espèces marines mondiales. Il s’agit d’un espace maritime de 87.500 kilomètres carrés faisant l’objet d’un accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins qui le fréquentent », rappelle Greenpeace. Or les mammifères marins dépendent essentiellement du son pour communiquer, se diriger, rechercher leurs proies, détecter des prédateurs… « Les sons associés à l'exploration pétrolière et gazière entraînent des changements de comportement qui risquent d'avoir des effets sur la survie ou le succès de reproduction des cétacés, et peuvent même entraîner des pertes de sensibilité auditive, des blessures ou la mort », explique le Groupe canadien de recherche et d'éducation sur les mammifères marins.

Les associations recommandent donc d’abandonner les projets à haut risque comme l’offshore profond et de « repenser notre modèle énergétique pour planifier notre sortie du pétrole ».

 



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