Projet de barrage de Charlas: Nelly Olin lance un pavé dans la mare

Le 06 juillet 2006 par Laure Pollez
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Une petite phrase glissée lundi 3 juillet lors de la visite de la ministre en charge de l’environnement au comité de bassin Adour-Garonne relance la polémique locale sur un projet de barrage.

«Je connais, monsieur le Président, votre détermination au sujet de la réalisation du barrage de Charlas et accepte de vous suivre sur ce point». Cette phrase de Nelly Olin, quasi sibylline, adressée au président du Comité de Bassin Adour-Garonne, Jean François-Poncet, lors d’une visite au comité de bassin lundi 3 juillet, fait des vagues. En effet, la ministre a ainsi affirmé son soutien à un projet controversé de barrage sur la Garonne, à Charlas (Haute-Garonne) en amont de Toulouse.

Ce projet, porté par le Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (Smeag) se veut une réponse au déficit structurel de la ressource en eau dans le bassin de la Garonne, étant donné que, selon le Smeag, une année sur trois, voire une année sur deux, l’insuffisance de cette ressource conduit à un conflit d’usages dans la région. Le barrage permettrait de constituer une réserve de 110 millions de mètres cubes (Mm3) d’eau, sur 600 hectares (ha), à remplir chaque année de début novembre à fin juin, pour augmenter le débit de la Garonne et de 7 rivières en Gascogne pendant la saison sèche.

Ce projet, en discussion depuis le début des années 1980, est au point mort depuis le débat public qui s’est tenu sur le sujet, en 2003. Celui-ci a abouti à l’exigence d’études indépendantes sur les alternatives possibles au barrage, qui n’ont pas encore été réalisées.

La fédération locale d’associations environnementales Uminate, qui regroupe 165 associations, est pourtant convaincue que des alternatives beaucoup plus pertinentes du point de vue environnemental sont envisageables. «Ce barrage serait un signal fort de renoncement à tout ce qu’il faut faire pour améliorer la gestion de l’eau dans le bassin», s’inquiète Rémy Martin, président d’Uminate. Pour lui, quatre pistes sont à explorer, moins coûteuses sur tous les plans. D’abord, une mobilisation du milliard de m3 de réserves d’eau entretenues par EDF dans la région, qui ne déstocke pour l’instant que 46 millions de m3 en cas d’étiage. Ensuite, une diminution de la consommation, notamment dans l’agriculture, qui a multiplié par 6 ses surfaces irriguées depuis 30 ans et cultive le maïs «au-delà du raisonnable». Il faudrait également travailler sur les capacités de rétention des sols: «en 10 ans, 80.000 ha de prairies ont été supprimés!» constate Rémy Martin. Enfin, rien ne sert de s’obstiner à maintenir du débit d’eau si la dégradation de la qualité des eaux nuit, de toute façon, à la préservation du milieu et de la biodiversité. «Il est urgent de développer les ressources naturelles plutôt que de travailler sur les ressources artificielles» soutient Rémy Martin.

Le projet est évalué à 400 millions d’euros, dont 50% serait pris en charge par l’Agence de l’eau. L’intervention de Nelly Olin n’ajoute aucun financement d’Etat, précise-t-on au ministère.


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