Projet d’EPR Penly 3: « Nous devons rester neutres et indépendants »

Le 07 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Quelques heures avant la réunion parisienne de la Commission particulière du débat public sur le projet de 2e EPR, Penly 3, son président, Didier Houi, nous rappelle les enjeux de sa mission.

Comment s’organise votre mission ?

La Commission nationale du débat public (CNDP) est une autorité administrative indépendante. Lorsqu’un projet d’importance se profile, elle peut décider d’organiser un débat public, et nomme pour ce faire une Commission particulière du débat public (CPDP).

 A quelles questions, un tel débat public doit-il répondre ?

De par la loi de février 2002, le débat public doit porter sur deux questions essentielles : l’opportunité du projet et ses modalités d’application. Jusqu'au vote de la loi, qui transcrit en fait la convention d’Arrhus, l’enquête publique arrivait trop tard. Avec le débat public actuel, les populations sont informées en amont du projet et participent à son élaboration. 

Comment cette information est-elle faite ?

Nous demandons au porteur de projet de réaliser un dossier. Dossier dont nous contrôlons qu’il aborde équitablement tous les sujets. Ce dossier est disponible. Ensuite, nous réalisons une douzaine de réunions publiques, au cours desquelles nous recueillons les avis qui s’expriment. Au bout de quatre mois, la CNDP réalise un compte-rendu scrupuleux des points de vue qui se sont exprimés, non seulement pendant les réunions publiques, mais aussi par courriers ou par courriels. Le porteur de projet dispose ensuite d’un délai de trois mois pour se déterminer par rapport aux conclusions du débat.

Normalement, le débat public est organisé dans la zone de chalandise du projet. Aujourd’hui, le débat a lieu à Paris. Pour quelles raisons ?

Le projet de Penly 3 est important. Ce sera, peut-être, le deuxième EPR à être construit en France. Il s’agit d’un projet de 4 milliards d’euros qui vivra durant soixante ans. Et puis, l’énergie est un sujet stratégique. Il n’intéresse donc pas que les riverains du site. Avant que nous ne commencions le débat, nous avons demandé à une soixantaine de personnes (élus locaux, associatifs, socio-professionnels) ce qu’ils attendaient de notre démarche.

Leur réponse ?

Que l’on débatte non seulement de thèmes locaux, mais aussi généraux. Aussi, dans nos 12 réunions, nous allons évoquer des thèmes aussi divers que la mise en œuvre concrète du projet au plan local, ses retombées économiques que la place du nucléaire dans le monde.

Une ONG anti-nucléaire réclamait, il y a quelques jours, la tenue d’une réunion sur la problématique des déchets. Avez-vous cédé à ce chant sirénien ?

On ne cède aux chants d’aucune sirène. Et dès le départ, nous avions prévu de traiter ce sujet. Il suffit de lire la presse pour se rendre compte qu’il s’agit d’un sujet d’actualité. Une réunion sera intégralement consacrée au cycle de vie d’un EPR : depuis l’extraction du minerai d’uranium au démantèlement de la centrale. Elle aura lieu au Havre, le 10 juin prochain.

Attendez-vous un public nombreux ?

La semaine dernière, à Dieppe, plus de 250 personnes ont assisté physiquement au débat. Pour ce soir à Paris, je ne sais pas encore. Mais, nous avons prévu, pour chaque réunion, d’accueillir entre 300 et 400 personnes. Sans compter les internautes qui pourront visualiser les débats en direct sur notre site Internet.

Vous participez depuis longtemps à des commissions du débat public. Le public s’implique-t-il davantage dans ces débats ?

Durant mon premier débat, en 1998 pour la ligne THT Boutre-Caros, les salles étaient aussi pleines qu’aujourd’hui et le public avait le même appétit de participation. Je ne sais pas s’il y a une évolution du public. En revanche, il y a des sujets, comme les lignes THT ou l’énergie nucléaire, qui cristallisent les passions. De notre côté, en essayant de faire en sorte que les gens s’écoutent, nous espérons être utiles à nos concitoyens.



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