Programmes pour sauver la Tisza

Le 16 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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L’affluent du Danube concentre toutes les pollutions d’un bassin versant arrosant cinq pays de l’Est européen. La restauration des eaux et la lutte contre les inondations sont érigées au rang de priorité par l’Europe et la Banque mondiale, deux organismes décidés à financer stations d’épuration et réhabilitation de sols pollués.

Les 966 kilomètres de la Tisza ont fait brutalement irruption dans l'actualité en janvier 2000 quand une digue de rétention de déchets d'une mine d'or de Baïa Mare (Roumanie) a cédé. 120 tonnes de cyanure se sont déversées dans la rivière provoquant un désastre écologique jusqu'à l'embouchure, dans le Danube près de Novi Sad en Serbie-Monténégro. Deux mois plus tard, c'est une mine de plomb de Baia Borsa (Roumanie) qui provoque une deuxième pollution, aux métaux lourds cette fois. Ces deux accidents miniers ont provoqué une prise de conscience.

Le cours d'eau, la Tisza, naît en Ukraine, bifurque vers la Slovaquie, puis arrose avec ses affluents la Roumanie et la plaine de Hongrie avant de se jeter dans le Danube en Serbie. Son sous-bassin de 157.186 km2 est le plus important du Danube. Tous les pays traversés sont signataires de la convention pour la protection du Danube (Sofia 1994) et membres de la commission chargée de l'application de la convention. La commission est responsable de la mise en oeuvre de la directive cadre européenne sur l'eau dans les pays membres de l'Union européenne. 

10 ans après la signature de la convention, les ministres des Etats concernés ont lancé le 13 décembre à Vienne (Autriche) le premier plan global d'action sur un bassin versant. Et c'est la Tisza qui a été choisie. Le tissu industriel et minier qui borde le cours d'eau, la présence d'une agriculture intensive dans la plaine hongroise et les déficits en assainissement dans les villes traversées justifient ce choix. Dès la source en Ukraine, la rivière côtoie des mines de métaux non ferreux, de kaolin et d'or. La Roumanie exploite également du cuivre et du plomb. L'effondrement des économies de l'Est a laissé à l'abandon de très nombreux sites industriels. La Slovaquie compte par ailleurs une industrie papetière encore très productive.

Selon le rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) remis aux ministres lundi, les charges polluantes supportées par la rivière sont impressionnantes. En 2000, le volume des eaux usées urbaines représentait 562.000.000 m3 dont au moins la moitié rejetée sans traitement, soit 4.883 tonnes de nitrates et 1.029 tonnes de phosphore par an. Les émissions industrielles étaient estimées à 447.000.000 m3 de matière organique pour 331 tonnes de nitrates et 32 tonnes de phosphore. Les points de pollution les plus importants proviendraient des eaux de refroidissement des centrales thermiques slovaques qui sont rendues à la rivière sans traitement. Les contaminations en métaux lourds sont importantes mais n'ont pas été mesurées.

La Banque Mondiale a d'ores et déjà décidé de consacrer 100 millions de dollars (74,5 millions d'euros) pour le traitement des bassins de stockage et des sols des sites miniers. Les 13 ministres réunis lundi à Vienne se sont donnés pour objectif ceux de la directive cadre européenne : la fin des rejets d'eau usée dans le Danube en 2015. C'est un challenge. Le tissu industriel est en effet très peu productif. Que se passera-t-il si ces pays reprennent le chemin de la reprise économique ? L'UE a annoncé qu'elle financerait la moitié des projets d'assainissement sur le bassin.




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