Produits sucrés d’Outre-mer : l’Assemblée reprend le débat

Le 21 novembre 2012 par Romain Loury
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42% plus sucré aux Antilles qu'en métropole.
42% plus sucré aux Antilles qu'en métropole.

La question des taux plus élevés de sucres dans certains produits alimentaires vendus Outre-mer revient sur le tapis de l’Assemblée nationale, avec une nouvelle proposition de loi du groupe socialiste.

A l’origine de ce texte du groupe socialiste, républicain et citoyen (SRC) et apparentés, le constat d’une plus forte prévalence d’obésité dans les départements et territoires d’Outre-mer. Selon les députés, le taux d’obésité à l’âge adulte serait de 23% en Guadeloupe, de 33% en Polynésie française, contre 16% en métropole.

Or, «sans qu’aucune justification objective ne soit donnée par les industriels» de l’agroalimentaire, plusieurs types de produits, en particulier les yaourts et les sodas, y sont bien plus sucrés que dans l’Hexagone. Exemples: +42% de sucres dans le Fanta Orange distribué aux Antilles, +27% pour un yaourt à la mangue.

Pour un enfant guadeloupéen consommant 4 grammes de sucre de plus par jour, ce sont 16 kcal quotidiennes supplémentaires, 0,5 à 1 kg de plus engrangé chaque année, soit jusqu’à 10 kg par an, indiquent les députés. Une inégalité qu’ils estiment «inadmissible».

Parmi les explications avancées par l’industrie, le goût supposé des populations d’Outre-mer pour les produits plus sucrés. Une attirance que des groupes locaux, sous-traitants des entreprises pour le conditionnement et la commercialisation, auraient à cœur de satisfaire pour ne pas favoriser la concurrence.

But de la proposition de loi, actuellement sur le bureau de la commission des affaires sociales: interdire, à compter du 1er janvier 2014, que tout produit de consommation courante vendu Outre-mer contienne plus de sucres que son équivalent métropolitain. Mais aussi fixer une liste de produits vendus spécifiquement dans ces régions dont le taux de sucres doit être limité.

En octobre 2011, une proposition de loi similaire avait été rejetée à une courte majorité par l’Assemblée nationale (voir le JDLE). Le ministre de la santé d’alors, Xavier Bertrand, avait jugé «la faisabilité de la mesure proposée improbable et son efficacité discutable», craignant en outre que les consommateurs ne se tournent vers des produits américains plus sucrés -le texte ne s’appliquant pas aux produits importés. Cette nouvelle tentative pourrait rencontrer plus de succès, avec l’arrivée de Victorin Lurel, à l’origine de la proposition de loi de 2011, au ministère des Outre-mer.



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