Produits de la mer: de nouveaux contaminants recherchés en 2012

Le 14 décembre 2011 par Romain Loury
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A partir de 2012, les retardateurs de flamme bromés et les substances perfluoroalkylées vont faire l’objet d’une surveillance de routine dans les mollusques bivalves et dans les produits de la pêche, selon deux notes de service publiées par le ministère chargé de l’alimentation dans le Bulletin officiel du 9 décembre.
 
Pour les mollusques bivalves [1], mais pas pour les autres produits de la pêche, le plan de surveillance s’étendra aussi aux résidus de pesticides. Du fait qu’il n’existe aucun seuil réglementaire pour aucune de ces trois classes de contaminants, leur recherche n’a lieu «qu’à titre exploratoire», précise le ministère.
 
Leur dosage va certes avoir lieu en routine, mais ce n’est pas la première fois que ces composés seront mesurés en France. Ils l’ont déjà été dans le cadre de l’étude de l’alimentation totale (EAT2), publiée en juin dernier par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Une enquête qui a révélé leur forte teneur dans les produits de la mer.
 
«Le poisson est en bout de chaîne», il a ainsi tendance à concentrer tous les contaminants, explique Philippe Marchand, responsable de l’unité Contaminants au Laboratoire d’étude des résidus et contaminants dans les aliments (Laberca) de Nantes [2].
 
Même en l’absence de seuil réglementaire, certains de ces composés disposent d’une valeur toxicologique de référence (VTR), dont le PFOA (acide perfluorooctanoïque) et le PFOS (sulfonate de perfluorooctane) pour les substances perfluoroalkylées, ou encore le PBDE (les polybromodiphényléthers) et le PBB (les polybromobiphényles) pour les retardateurs de flamme bromés.
 
«Nous sommes loin des valeurs à risque pour la population, même pour les gens les plus exposés ayant des consommations particulières», estime Philippe Marchand, qui souligne également le caractère exploratoire de cette surveillance. «Il n’y a pas de problème particulier, nous ne sommes pas aux niveaux présentés par les PCB et les dioxines» qui, eux, disposent de seuils réglementaires.
 
[1] La classe des bivalves comprend tous les mollusques dont la coquille est constituée de deux parties distinctes et attachées, dont les huîtres, les moules ou encore la famille des pectinidés (pétoncles, coquilles Saint-Jacques).
[2] Le Laberca est le laboratoire national de référence (LNR) pour la recherche de retardateurs de flamme bromés et de substances perfluoroalkylées dans les aliments. Pour les résidus de pesticides, il s’agit du Laboratoire de sécurité des aliments de l’Anses, situé à Maisons-Alfort.
 


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