Produits de construction: les labels en mal de santé

Le 17 janvier 2005 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Les labels sur les produits de construction ne sont pas nombreux et se focalisent surtout sur les impacts environnementaux, bien moins sur les risques sanitaires. Pourtant, le grand défi des professionnels de la construction sera davantage la santé publique et l'air intérieur dans les années à venir, selon la FFB qui évoque la création prochaine d'un étiquetage environnemental.

Au sein de la Fédération française du bâtiment (FFB), on distingue trois types de label dans les produits de construction. Le label auto-déclaratif ne vaut que pour l'entreprise qui l'a créé pour son propre compte, l'écolabel, comme la marque NF-environnement et l'étiquetage environnemental. NF-environnement ne concerne que les peintures, vernis et produits connexes prêts à l'emploi, utilisés par les particuliers et les professionnels. «Mais cette marque est insatisfaisante, les contraintes exigées des industriels sur les peinures ne sont pas suffisamment élevées. Les peintures peuvent émettre jusqu'à 100 grammes par litre (g/l) de composés organiques volatils (Cov) alors que certaines parviennent à descendre jusqu'à 15 g/l. D'autant plus que ces 100 g/l s'appliquent autant à l'extérieur qu'à l'intérieur des bâtiments où les teneurs plus fortes car l'endroit est clos!», explique Suzanne Déoux, docteur en médecine et auteur du "Guide de l'habitat sain". Les exigences imposées par l'écolabel européen sur les peintures intérieures sont plus importantes puisqu'elles impliquent une teneur de moins de 30 g/l de Cov. «Le problème des peintures à 15g/l ne réside pas dans sa formule, elle est prête depuis 30 ans, mais dans les marges plus faibles que les fabricants vont réaliser», poursuit Suzanne Déoux.

La FFB explique la restriction de produits marqués NF-environnement par la durée de vie courte des produits généralement étiquetés par la marque. Le bâtiment utilise des matériaux qui doivent résister au temps sans compter les difficultés liées à leur mise en oeuvre. Pourtant certains pays ont su mettre en place un système national d'écolabel efficace pour limiter les impacts environnementaux et sanitaires et en particulier pour protéger les consommateurs finaux des émissions excessives et irritantes produites par les matériaux. Par exemple, en Allemagne, 173 familles de produits pouvaient obtenir l'"Ange bleu" en juin 2004. Et il s'agit d'un marché dynamique puisque la part de marché des peintures à faibles émissions était de 60% en 1995, contre 1% en 1981. «Le public suit, mais en France l'opinion n'a pas été éduquée sur le sujet, les industriels n'ont donc pas de pression pour évoluer», dénonce le médecin.

Et cela ne devrait pas changer dans l'immédiat. L'étiquetage environnemental est un nouveau label des industriels qui mêle auto-déclaration et critères objectifs à respecter. Des cahiers des charges devraient en effet bientôt sortir sur la brique mono-mur, le bloc de parpaing ou encore les canalisations. Pour le moment, les professionnels se sont concentrés sur une cinquantaine de produits. Selon la FFB, ils ont réalisé pour chacun une analyse de cycle de vie, conformément à la norme Afnor. L'idée: mesurer les impacts environnementaux afin de permettre aux architectes de mieux choisir les produits en fonction de leurs objectifs. Ces analyses de cycle de vie devraient prendre en compte l'ensemble des impacts environnementaux, et en particulier les risques sanitaires que la marque NF-environnement néglige d'après la FFB.

Suzanne Déoux rappelle pourtant qu'il existe d'autres critères pour mesurer la performance des produits de construction, même si ils ne portent pas sur des critères sanitaires. Ainsi, le classement Upec (Usure, poinçonnement, eau, chimie), réalisé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) permet de mesurer la qualité des revêtements de sol en fonction de l'usure due à la marche, de la résistance à l'humidité et aux agents chimiques. Autre échelle de repères: le classement EAU (écoulement, acoustique, usure) pour les produits de la plomberie. Et enfin, le site internet de l'Inies, la base de données développée par le CSTB, apporte déjà des références sur les caractéristiques environnementales et sanitaires sur ces produits, mais seulement sur la simple déclaration des fabricants.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus