Produits dangereux: la Commission toujours optimiste

Le 27 mars 2014 par Romain Loury
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Légère hausse du nombre d'alerte aux produits jugés dangereux.
Légère hausse du nombre d'alerte aux produits jugés dangereux.
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Le système européen d’alerte rapide pour les produits dangereux (RAPEX) a connu une nouvelle hausse des notifications en 2013, signe pour la Commission européenne d’une meilleure sécurité du consommateur.

Créé en 2003, le RAPEX, qui rassemble les 28 pays membres de l’UE, l’Islande, la Norvège et le Lichtenstein, recense les produits non alimentaires dangereux. A l’exception de 2011, il a enregistré une hausse du nombre d’alertes: en 2013, il y en a eu 2.364, soit 3,8% de plus qu’en 2012, selon le rapport annuel publié mardi.

Pour la Commission, «cette augmentation du nombre de notifications signifie une meilleure sécurité du consommateur, à savoir que plus de produits dangereux ont été retirés du marché». Curieuse explication, lorsqu’on songe à celle récemment avancée pour le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) (voir le JDSA).

Car à l’inverse du RAPEX, le RASFF a connu une baisse de 8,8% du nombre de notifications en 2013 par rapport à 2012. «Cela démontre que  les membres du réseau concentrent progressivement leur efforts sur les cas sérieux, ceux où le risque lié à un produit sur le marché nécessite une action rapide, ce qui accroît l’efficacité du réseau». Baisse du RASFF, hausse du RAPEX: dans les deux cas, tout va pour le mieux.

Habits, textiles et jouets en premier

S’il est un critère qui n’évolue ni vers le haut ni vers le bas, c’est la répartition des alertes RAPEX: la catégorie «habits, textiles et accessoires de mode» arrive en tête des notifications, avec 25% des notifications, ex aequo avec les jouets. Ces produits sont suivis, de loin, par les appareils électriques (9%), les moteurs (7%) et les produits cosmétiques (4%).

Après les risques de blessure, de strangulation ou d’étouffement (46% à eux trois), vient le risque chimique, avec 20% des notifications. «Les risques chimiques s’invitent aussi bien dans les vêtements que dans les jouets (par exemple, du chrome hexavalent dans les chaussures et les articles en cuir, ou des phtalates dans les jouets)», explique la Commission.

La Chine, presque deux tiers du RAPEX

Grande gagnante du RAPEX, encore et toujours la Chine, à elle seule en cause dans 64% des alertes de produits dangereux; elle a même battu son record personnel, celui de 60% établi en 2009. Avec ses 3%, la Turquie se contente d’une piteuse médaille d’argent, tandis que l’ensemble des 31 pays du RAPEX comptent pour 15%.

Pour la Commission, «cette hausse de la proportion de produits chinois pourrait résulter d’une traçabilité accrue: ce qui, les années précédentes, était mentionné comme d’origine inconnue est peut-être plus souvent reconnu comme d’origine chinoise. De plus, ce chiffre élevé est due à la pénétration importante de produits chinois sur le marché européen».

La Chine coopère avec l’UE, en donnant suite aux alertes du RAPEX. Entre 2007 et 2013, elle se serait ainsi saisie de 2.549 d’entre elles: dans 57% des cas, des mesures correctives ont pu être prises. Pour les 43% restantes, rien n’a été fait, du fat que «la compagnie chinoise responsable de la production ou de l’exportation du produit n’a pu être trouvée».

Voilà qui donne une bonne idée de la traçabilité en Chine. Il y a toutefois peu de chances que le sujet soit abordé entre les deux présidents François Hollande et Xi Jinping, actuellement à Paris. Une visite d’Etat dont l’objectif est essentiellement commercial, et au cours de laquelle la France espère signer plusieurs contrats dans les secteurs de l’aviation, du nucléaire et de l’agroalimentaire.



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