Production d’électricité: avenir incertain à l’horizon 2015

Le 22 juillet 2010 par Sabine Casalonga
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A l’horizon 2015, la sécurité électrique de la France est encore incertaine. Un surplus de demande de pointe de 3 GW est prévu par rapport aux capacités de la production nationale, selon l’actualisation du bilan prévisionnel présenté par RTE ce 22 juillet. Parmi les solutions figurent les gisements d’effacement, la construction de nouvelles centrales et l’importation.

 

La consommation électrique en France métropolitaine, à l’horizon 2015, devrait atteindre 506 Térawattheure (TWh) et non 515 TWh, comme cela était prévu par le Réseau de transport d’électricité (RTE) dans ses estimations de l'an dernier. En cause, le ralentissement économique en 2009 dû à la crise, précise l’actualisation du Bilan prévisionnel présentée ce matin. Cette baisse se situe dans un contexte de croissance continue de la consommation, passée de 450 TWh en 2001 à 477 TWh en 2009.

Une impressionnante baisse (environ 8TWh) est toutefois attendue de façon ponctuelle en 2013, du fait de la fermeture d’Eurodif, l'usine d'enrichissement d'uranium très énergivore, et son remplacement par une technologie plus économe.

L’électricité se met à nue sur le net

Connaître la consommation d’électricité française en temps réel, ou encore les émissions de CO2 générées par la production en fonction du mix énergétique (éolien, nucléaire, charbon…) ? C’est désormais possible sur le nouveau site Internet de RTE qui sera actualisé en temps quasi-réel à partir de septembre (contre 24h aujourd'hui). On peut ainsi voir que le 21 juillet à 13h (l’heure de pointe en été) la production a été assurée à 75% par le nucléaire, 13% par l’hydraulique, 4% par le charbon, 4% par le gaz, 4% par le fioul et autres, et 1% par l’éolien

Les conclusions du Bilan prévisionnel de 2009 (voir JDLE du 23 juillet 2009) sont toutefois maintenues. La sécurité d’alimentation électrique devrait être assurée jusqu’en 2013, au vu des projets décidés ou en cours de réalisation, et ce en dépit de la poursuite de la croissance des consommations de pointe lors des vagues de froid. Un record a été battu le 11 février dernier avec 93,1 GW de puissance maximale.

Les perspectives de production à l’horizon 2015 sont en revanche incertaines. La puissance exploitée de la filière hydraulique devrait rester stable (25,2 GWh). Celle du nucléaire devrait passer de 63,1 GWh à 64,7 GWh de 2010 à 2015. « Les baisses de production constatées en 2009 étaient conjoncturelles et seront résorbées d’ici 2012 », affirme Dominique Maillard, président du directoire de RTE. Le Réseau prend en compte dans ses estimations  le démarrage de la production par l’EPR de Flamanville en 2013.

Les perspectives de développement du photovoltaïque (189 MW au 1er janvier 2010) ont également été revues à la hausse: 3 GW installés dès 2015 contre 1,4 MW dans le bilan 2009. Elles pourraient néanmoins être modifiées en cas de suppression des mécanismes de soutien à la filière « qui pourrait avoir des conséquences très importantes », avertit le président de RTE. Le rabotage des aides au photovoltaïque est en effet dans les tuyaux du ministère de l’environnement (voir le JDLE du 9 juillet).

Bonne nouvelle aussi pour les charbonniers (mais mauvaise pour le climat), dont les prévisions de capacité sont augmentées (5,6 GWh en 2014 contre 4,9 dans le bilan 2009) suite aux dérogations à la directive[1] sur les Grandes installations de combustion permettant de prolonger l’activité des centrales jusqu’au 1er janvier 2015.

Quant à l’éolien (4.555 MW au 1er janvier 2010), le scénario de croissance de 1.000 MW par an, retenu en 2009, est maintenu.

Le risque de défaillance (insuffisance ponctuelle de production) en 2015 est estimé à 3 GW. RTE se dit toutefois confiant. « Des opérateurs étrangers ont des projets dans les cartons. La crise a ralenti les investissements mais il y aura de nouveaux projets dans les 18 mois», déclare Dominique Maillard. L’alternative serait l’importation d’électricité de nos voisins européens, mais dans un contexte d’incertitudes similaire. « La reprise de l’activité économique et de la consommation (…), conjuguée aux déclassements de moyens de production thermique en Europe pourrait entamer les marges de production de nos voisins qui contribuent à faire face aux pointes de consommation françaises », explique RTE dans son communiqué.

La prévision de puissance « effaçable » - report volontaire temporaire de la consommation - est maintenue pour 2015 à son niveau actuel de 3 GW. Son éventuelle augmentation dépendra du contenu de la loi Nome en cours d’examen au Sénat (voir le JDLE) et qui doit être votée fin septembre. Le texte reprend certaines préconisations du récent rapport Poignant/Sido sur « La maîtrise de la pointe énergétique » visant à développer les dispositifs d’effacements (voir le JDLE).

En conclusion, RTE confirme son message vigilance de 2009 et fait un appel du pied aux investisseurs. Le gestionnaire invite à patienter jusqu’au prochain Bilan prévisionnel de 2011 qui devrait être plus éclairant. En dépit d’un chiffre d’affaires baissé de 2,2% en 2009 (voir le JDLE), RTE prévoit de maintenir son rythme d’investissement actuel à près de 1,2 milliards d’€ par an sur les 5 prochaines années. Dominique Maillard n’a cependant pas souhaité commenter la décision de son actionnaire EDF d'affecter 50% du capital de RTE à son fonds de démantèlement des centrales nucléaires .

 





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