Procès italien de l’amiante: Casale Monferrato accepte l’offre d’Eternit

Le 21 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Coup de théâtre dans le maxi-procès de l’amiante en Italie. La ville de Casale Monferrato a annoncé lundi 19 décembre avoir accepté 18?millions d’euros d’Eternit pour se retirer du procès.

Alors que la justice italienne doit rendre son verdict le 13?février prochain, la ville piémontaise de Casale Monferrato, dont 6.000?habitants se sont portés partie civile et qui comptabilise plus de 1.800 décès liés à l’amiante, vient d’accepter un chèque de 18,3?M€ du milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, l’un des deux accusés. Par cette transaction, la commune s’engage à se retirer du procès, et renonce à toute action en justice dans le futur.

La décision a été prise dans la nuit de vendredi à samedi, à 19?voix contre 11, à l’issue d’un conseil municipal qui a duré plus de 6 heures, interrompu à plusieurs reprises par les centaines de manifestants indignés rassemblés devant la mairie. Le maire (centre droit), Giorgio Demezzi, s’est justifié en expliquant que l’argent serait investi dans «la recherche, le soutien aux familles, et la dépollution», et qu’il ne s’agissait pas de «faire sauter le procès ni de pardonner». Pour l’association de victimes et les syndicats, la ville a accepté «de transformer la souffrance en opportunité économique, alors que le massacre continue». Le conseil communal a également approuvé un amendement prévoyant la création d'une commission «non politique» chargée de contrôler l'utilisation des fonds.

L'offre, qui stipule aussi que la commune renonce à entreprendre toute action légale à l'avenir, a été faite par Becon, l'une des sociétés de Stephan Schmidheiny. En mars, cette société s'était déclarée prête à dédommager les habitants de Casale Monferrato, «en considération du grand nombre des victimes de l'exposition à l'amiante». Elle rejetait toutefois toute responsabilité.

Cette ville de 36.000 habitants a abrité l'une des plus grandes usines d'Eternit en Italie. Témoignant devant le tribunal de Turin l'an dernier, le maire de la ville avait affirmé que la contamination à l'amiante fait «encore 50 morts par an» dans sa cité. Et le maximum sera atteint en 2020.
 
Le parquet de Turin a requis en juillet une peine de 20 ans de prison contre les ex-propriétaires du groupe d'amiante italien Eternit S.p.A Gênes, Stephan Schmidheiny et le baron belge Louis de Cartier de Marchienne (voir JDLE).
 
La défense a, quant à elle, plaidé l'acquittement des deux hommes, accusés d'être responsables du décès de près de 3.000 personnes dans les 4 usines transalpines du groupe.
 


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