Procès Eternit: la «tromperie d’une gravité extrême» des accusés

Le 14 mai 2012 par Geneviève De Lacour
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L'amiante a tué des milliers d'ouvriers d'Eternit et de riverains des sites italiens
L'amiante a tué des milliers d'ouvriers d'Eternit et de riverains des sites italiens

Le tribunal de Turin a publié lundi 14 mai les considérants du procès Eternit. Il en ressort que le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne connaissaient la nocivité de l'amiante, mais n'ont rien fait pour y remédier.

Les deux hommes ont été condamnés à 16 ans de prison en février pour la mort de milliers de personnes dans deux des quatre usines italiennes du groupe Eternit SPA. Gênes. Dans les 733 pages de considérants, le tribunal juge que leur comportement a été marqué par «une tromperie d'une gravité extrême».

Les deux industriels -considérés par l'accusation comme les dirigeants de la société- avaient connaissance des problèmes liés à l'amiante, écrivent les juges piémontais, citant en particulier une étude datant de 1968.

«Malgré tout», ils ont continué et n'ont pas cru devoir agir pour améliorer l'environnement de travail et limiter la pollution dans les usines du groupe. Au contraire, les accusés ont «cherché à cacher et à minimiser les effets nocifs de l'amiante pour l'environnement et pour les personnes», ajoute le document.

Selon les juges, «aucune circonstance atténuante ne peut être retenue, car il semble évident que les accusés ont agi en exécution d'une même volonté criminelle».

Certains témoignages «ont fini par rendre évidente la connaissance du danger de l'amiante tout comme la non-adoption de mesures sérieuses et concrètes pour en éviter la diffusion à l'extérieur de l'usine», ajoutent les magistrats turinois.

«Justice est faite», se sont félicités le président du parti L'Italie des valeurs (IdV), Antonio di Pietro, et la sénatrice Patrizia Bugnano, membre de la commission parlementaire d'enquête sur les maladies du travail. Selon eux, ce jugement met en évidence toute une série de «carences graves et évidentes, tant collectives qu'individuelles» dans la prévention.

Le milliardaire suisse, âgé de 65 ans, et le baron belge, 91 ans, ont été condamnés le 2 février pour «catastrophe environnementale intentionnelle» et «omission volontaire des mesures anti-catastrophe».

 

 



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