Procès Eternit: 20 ans requis en appel contre deux dirigeants

Le 13 mars 2013 par Marine Jobert
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Stephan Schmidheiny, condamné pour avoir causé la mort de milliers de travailleurs et de riverains de ses usines d'amiante, est l'un des grands pontes des sommets pour le climat organisé sous l'égide de l'ONU.
Stephan Schmidheiny, condamné pour avoir causé la mort de milliers de travailleurs et de riverains de ses usines d'amiante, est l'un des grands pontes des sommets pour le climat organisé sous l'égide de l'ONU.
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Condamnés à 16 ans en première instance, le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, pourraient voir leur peine alourdie si la cour d’appel de Turin suit les réquisitions du parquet. Le procureur Raffaele Guariniello a en effet requis 20 ans contre les deux dirigeants, poursuivis pour «catastrophe environnementale intentionnelle» et «omission volontaire des mesures anti-catastrophe», suite à la mort de milliers de personnes contaminées par l’amiante dans deux des quatre usines transalpines du groupe [JDLE]. «C’est un désastre qui se poursuit, qui continue à meurtrir chacun de nous, pas seulement les travailleurs. Une tragédie comme celle-ci, je n’en ai jamais vue», a expliqué le procureur lors d’un réquisitoire de trois heures. «Une tragédie qui continue à semer la mort (…) sans qu’aucun tribunal dans le monde n’ait jamais demandé aux responsables de rendre des comptes.»

 
Il a dénoncé la volonté délibérée des deux prévenus de cacher le caractère cancérigène de l’amiante, de ne pas stopper la production et de poursuivre l’activité. Leur objectif? «Cacher et nier que l’amiante était cancérigène, poursuivre l’activité quel qu’en soit le prix, en mettant en jeu la santé des habitants et des travailleurs.» Puis il a distingué entre les deux prévenus. Il rappelle que De Cartier s’est beaucoup plaint de la justice italienne. Quant à Schmidheiny, il lui reproche de se cacher derrière des activités philanthropiques[1] et d’avoir déployé des trésors d’influence pour éviter de répondre de sa conduite devant la justice. «Nous ne sommes pas en présence d'événements sporadiques, mais de carences structurelles, dues à des choix généraux et des politiques d'entreprise décidées au niveau mondial», a dénoncé le procureur, qui a souhaité que la responsabilité des deux dirigeants soit reconnue pour les quatre usines du groupe, jugeant que «leur responsabilité est encore actuelle».

 


[1] Stephan Schmidheiny est l’un des penseurs et organisateurs du Sommet de Rio en 1992. Il était présent au Brésil lors du sommet sur le climat l’an passé. Il est également l’un des fondateurs du World Business Council for Sustainable Development.

 

 



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