Procès de l’amiante en Italie: 20 ans requis contre les propriétaires

Le 05 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Une peine de 20 ans de prison a été requise lundi 4 juillet à Turin contre le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, l'ex-propriétaire du groupe suisse Eternit, et le baron belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marchienne, l’ancien actionnaire belge d'Eternit Italie.

De 1976 à 1986, le milliardaire suisse a été un important actionnaire d'Eternit Italie tandis que Jean-Louis de Marchienne a été actionnaire minoritaire et administrateur d'Eternit Italie au début des années 1970. La société a fait faillite en 1986, soit six ans avant l'interdiction de l'amiante en Italie.

Les deux hommes sont accusés d'être responsables de la mort d'environ 3.000 personnes: des anciens ouvriers ou de simples habitants de Casale Monferrato et Cavagnolo, Rubiera ou Bagnoli, les quatre villes où Eternit avait ses usines. Les habitants ont été également contaminés par les retombées de poussières d’amiante sur leur ville.

Le procès qui s'est ouvert en décembre 2009 à Turin, rassemble plus de 6.000 parties civiles, et est considéré par les associations de victimes comme le plus grand procès jamais organisé sur le drame de l'amiante, et surtout le premier au pénal. Les victimes de l'amiante espèrent ainsi créer un précédent.
 
A l'issue d'une enquête de plus de 5 ans, les deux hommes ont été considérés par le parquet comme les responsables effectifs de la gestion d'Eternit Italie. Ils sont jugés pour avoir provoqué une catastrophe environnementale et enfreint les règles de la sécurité au travail. Le parquet a réclamé la peine la plus lourde possible pour ces délits, soit 12 ans, à laquelle il a ajouté 8 ans supplémentaires car les conséquences de ces délits se font encore sentir aujourd’hui; les personnes exposées à l'amiante pouvant tomber malades plusieurs décennies après l’exposition.
 
«Je n'avais jamais vu une telle tragédie (...)», a souligné le procureur Raffaele Guariniello durant son réquisitoire. «Elle a touché différentes régions de notre pays, des salariés et des habitants. Elle continue à semer la mort et continuera à le faire qui sait pour combien de temps». La défense a nié en revanche la responsabilité directe dans la gestion de la société italienne des deux accusés, qui ne se sont jamais présentés aux audiences.
 
Les représentants de victimes de l'amiante ont salué ce réquisitoire. «Nous sommes satisfaits, c'est grâce à 30 ans de lutte pour la justice, la santé, menée sans jamais baisser les bras», a déclaré à l'AFP Bruno Pesce, coordinateur de l'association des familles des victimes de Casale Monferrato et Cavagnolo. Et celui-ci d’ajouter: «L'organisation du procès a déjà été une grande victoire mais désormais l'espoir d'obtenir justice commence à se concrétiser».
 
L'annonce du verdict pourrait avoir lieu vers la fin de l'année.
 
Voir article JDLE http://www.journaldelenvironnement.net/article/eternit-ou-en-est-on-du-proces-italien-de-l-amiante,23000


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