Procès climatiques: les agriculteurs se mobilisent

Le 07 décembre 2018 par Stéphanie Senet
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Emil Mirchev, agriculteur, attaque l'Etat bulgare
Emil Mirchev, agriculteur, attaque l'Etat bulgare

Un nouveau recours climatique a été déposé à l’occasion de la COP 24, qui s’est ouverte le 3 décembre à Katowice (Pologne). Il émane d’un agriculteur bulgare opposé à l’ouverture d’une mine de charbon à ciel ouvert. Un agriculteur de plus.

Emil Mirchev n’en croit pas ses yeux. La mine de Slivnitsa va détruire 2 kilomètres carrés de terres agricoles, menacer la santé des habitants de trois villages et exposer le bassin versant, tout proche, à un risque réel de pollution. Les principales sources d’approvisionnement en eau des villages seront détruites. Tout comme deux lacs, à proximité, utilisés par les vacanciers.

«L’exploitation minière va mettre fin à l’agriculture qui est très importante pour les gens d’ici. Notre terre fertile vaut beaucoup plus pour nous et nos enfants que l’argent qu’on nous propose en compensation», explique-t-il. 9.200 euros de redevance annuelle sont proposés à la municipalité alors que la mine doit être exploitée pendant 30 ans. Le maire a toutefois fait savoir qu’il s’opposait au projet.

Sortir du charbon

Accompagné par l’association Za Zemiata (Les Amis de la Terre Bulgarie) et l’ONG britannique ClientEarth, Emil Mirchev a déposé un recours contre la décision du conseil des ministres bulgare d’autoriser de nouvelles mines. Au nom du changement climatique. «Alors que l’Union européenne essaie de sortir du charbon, l’ouverture d’une nouvelle mine pendant 30 ans est injustifiable», a déclaré Dominique Doyle, avocat à ClientEarth. L’ONG a d’ailleurs déposé un autre recours, le 29 octobre dernier, contre l’agrandissement de la centrale à charbon polonaise d’Ostroleka. Pour le même motif.

Sauver leurs terres

Plus largement, les agriculteurs s’avèrent de plus en plus nombreux à saisir la justice pour défendre leurs terres. Ce fut le cas d’un fermier péruvien contre le géant allemand de l’énergie RWE en novembre 2017. En mai dernier, un producteur de lavande drômois s’est fait le porte-parole de la première action collective contre la politique climatique de l’Union européenne. Enfin, plus récemment, trois familles d’agriculteurs bio ont attaqué le gouvernement allemand pour l’insuffisante réduction des émissions de gaz à effet de serre. Tous revendiquent leur droit à disposer et à vivre de leurs terres, menacées de disparaître à cause du réchauffement climatique.



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