Prix de l'eau: le Sedif conteste l'étude de l'UFC

Le 10 mars 2006 par Christine Sévillano
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Le Sedif conteste, chiffres à l'appui, l'étude de l'UFC-Que choisir sur les profits considérables réalisés sur l'eau par les délégataires. Assurant qu'il ne bénéficie d'aucune marge nette, le syndicat revient sur les investissements qu'il réalise, tant pour la sécurité ou la mise aux normes que pour des travaux de voirie.

Le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) (1) est revenu sur l'étude de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir qui dénonçait d'importants profits générés par les délégataires de service public dans le domaine de l'eau dans plusieurs collectivités locales, et notamment dans la région francilienne avec une marge nette de 60%. Le Sedif, composé d'élus de tous partis, a contesté faire des profits. «Certes, les prix de l'eau sont élevés, mais nous faisons des investissements importants», explique André Santini, président du syndicat. Il prend l'exemple du budget voté en décembre pour l'année 2006: sur 156 millions, 116 sont consacrés à des investissements comme le retrait des canalisations en plomb, la mise en conformité des réseaux d'assainissement avec la réglementation européenne ou la modification des canalisations en cas de travaux de voirie, comme actuellement la construction du tramway sur les maréchaux sud, ce qui est à la charge du Sedif. «Nous avons un devoir d'excellence de sécurité vis-à-vis des consommateurs, c'est ainsi que nous effectuons plus de 250 analyses par an sur la qualité de l'eau. Nous n'avons jamais eu d'interruption de service ni d'intoxication. En fait, nous refusons une eau low-cost qui présente des risques», poursuit André Santini. La construction de la liaison Marne-Seine, financée par le Sedif doit également garantir l'approvisionnement des Franciliens en eau potable en cas d'incident à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Au-delà d'une contestation du prix de l'eau, le Sedif a tenu à montrer les erreurs de l'étude. «L'UFC est partie sur des ratios universels, mais elle a extrapolé ces données avec des rapports et des données trop hétérogènes. La méthode ne tient pas compte non plus d'infrastructures qui existent dans des grandes collectivités et non dans des petites. La méthode, tronquée, ne fonctionne que pour certaines communes moyennes », affirme Antoine Grand d'Esnon de l'association d'expertise Service public 2000. Un expert d'Ernst & Young qui a vérifié les comptes de 2004 enfonce le clou en soulignant que l'UFC avait associé gestion des eaux et assainissement par un seul service, ce qui n'est pas le cas en Ile-de-France, et qu'elle a négligé un certain nombre de notions techniques essentielles comme la sécurisation des approvisionnements ou l'altimétrie. Il a également aligné des chiffres différents de l'UFC comme l'électricité consommée qui est de plus de 207.000 mégawatts et non 92.000 comme l'annonce l'UFC, soit une différence de 55%. De même, l'UFC a sous-estimé les volumes d'eau vendus ou l'effectif des services en personnel. Ainsi, au 1er janvier 2006, l'usager paie 3,55 euros le mètre cube dont 1,95 euros de taxes et de redevances (Voies navigables de France, agence de l'eau, TVA, assainissement, etc.)

Quant aux propositions de l'UFC-Que choisir, André Santini a rappelé qu'il existait déjà une haute autorité de l'eau en France: le Conseil national de l'eau «même s'il est peut-être à rafraîchir et à revigorer». Sur la renégociation du contrat de délégation, dont l'échéance est fixée à 2011, le président du Sedif a fait savoir qu'il prend conseil auprès d'instances afin de préparer un grand débat pour savoir s'il vaut mieux une régie ou un nouveau délégataire de service public, et dans ce dernier cas lequel. Jacques Maheas, élu au Sedif depuis 1977, rappelle en outre la considérable évolution du syndicat et de la prise de poids des élus dans la gestion des services de l'eau: «Nous ne maîtrisions pas grand-chose en 1977, la Générale était quasiment juge et parti. Maintenant nous avons nos propres ingénieurs et un bon service administratif». Malgré les diverses remises en cause qui s'accumulent depuis plusieurs semaines, l'enquête de l'UFC-Que choisir aura eu le mérite d'ouvrir le débat sur un domaine considéré souvent comme opaque. Pourvu que cela dure…



(1) Le Sedif regroupe 144 communes de la région francilienne.




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