Printemps écologique, le syndicat de la transition écologique

Le 29 avril 2020
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De nouvelles revendications pour les salariés.
De nouvelles revendications pour les salariés.
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Un écosyndicat fait son apparition dans le paysage social français. Son but: accompagner les salariés dont l'activité est menacée par la transition écologique.

Voilà des années que l’on n’aura pas connu semblable 1er mai. Pas commun que la fête du travail soit célébrée à … domicile. Pas banal non plus qu’un nouveau syndicat apparaisse dans le paysage social français. Ce sera pourtant le cas en 2020. Le 1er mai 2020, c’est la date choisie par les promoteurs du Printemps écologique pour sortir du bois.

Derrière ce premier syndicat écolo, l’idée, partagée par plusieurs dizaines de salariés, d’enseignants, de fonctionnaires - tous trentenaires - selon laquelle «l’urgence écologique doit être mise au cœur des négociations pour sortir de la crise».  «Il s’agit surtout de lever un tabou, nous explique Maxime Blondeau, l’un des co-fondateurs. La transition écologique signifie la fin ou la transformation de secteurs économiques entiers. Il laissera des travailleurs sur la touche, il faut anticiper ce risque et accompagner ces salariés.» Ce point noir des projets d’avenir et autres pactes verts avait déjà été pointé du doigt, l’an passé, par Laurence Parisot, l’ancienne patronne des patrons.

le tabou de la transition écologique

Le constat est partagé par les membres de nombreux groupes informels de salariés de grandes entreprises, qui ont fleuri sur la toile ces derniers mois. Des groupes de réflexion sur lesquelles comptent beaucoup les promoteurs du Printemps écologique. Le syndicat revendique déjà 2.000 sympathisants dans une trentaine de communautés d’entreprises. Ce noyau dur entend présenter un maximum de candidats lors des prochaines élections professionnelles, aussi bien dans les secteurs privés que dans la fonction publique.

Les syndicalistes du troisième type ont deux revendications: promouvoir des solutions écologiques adaptées à chaque entreprise et adapter le code du travail aux enjeux du siècle. «Il faudra imaginer au cas par cas les moyens d’atteindre des objectifs environnementaux quantifiables et vérifiables fixées aux entreprises, il ne peut pas y avoir de gestion centralisée de la transition écologique», indique Maxime Blondeau. Ce point risque de faire grincer des dents dans les autres centrales syndicales, plus férues d’accords de branches que de contrats passés, au sein de l’entreprise, entre dirigeants et salariés.

réformer le code du travail

Autre priorité du Printemps écologique: déconfiner le livre rouge. «Rien dans l’actuelle version du code du travail ne prévoit d’ouvrir les négociations entre partenaires sociaux sur les questions liées aux transformations sociales, technologiques, économiques générées par la transition écologique», justifie l’ancien consultant. Pas sûr que CGT, FO ou les syndicats indépendants, échaudés par les réformes menées ces dernières années, signent des deux mains.

Qu’importe, les dirigeants du nouveau venu dans le paysage syndical français sont prêts à la confrontation. «Nous savons que nous entrons dans un monde bâti sur les rapports de force, qui peut être violent. Raison pour laquelle nous encourageons la double adhésion. Nous ne sommes pas en compétition avec des centrales qui ne représentent que 7% des salariés», estime l’enseignant. Pas encore.