Prévenir les inondations avec gravité

Le 07 juillet 2014 par Stéphanie Senet
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Les chercheurs se sont basés sur les inondations du Missouri au printemps 2011
Les chercheurs se sont basés sur les inondations du Missouri au printemps 2011

Publiée le 6 juillet dans Nature Geoscience, une étude californienne montre que l’observation satellitaire de la gravité terrestre permet de prévoir, de 5 à 11 mois à l’avance, la probabilité de fortes inondations.

Les chercheurs de l’université d’Irvine ont basé leurs travaux sur plusieurs études de cas dont le fleuve Missouri, l’affluent le plus long du Mississipi, qui a connu des inondations massives au printemps 2011. Ils ont ainsi comparé les données provenant des stations de mesures hydrométriques et les observations réalisées par la Nasa dans le cadre de sa mission Gravity Recovery and Climate Experiment (Grace)[1].

Résultat: les observations satellitaires permettent de prévoir la survenue des inondations de 5 à 11 mois à l’avance, car les infimes variations de la gravité terrestre indiquent précisément la quantité d’humidité piégée à la surface de la Terre. Par extension, elles permettent de prévoir la réaction d’un bassin fluvial en cas de fortes précipitations ou de fonte des neiges.

Un sol sec absorbe et stocke l’eau, contrairement à un sol saturé, sur lequel l’eau pluviale glissera vers le bassin fluvial, faisant monter rapidement le niveau d’eau. Par comparaison, les prévisions fondées sur l’humidité du sol ou la fonte des neiges ne dépassent pas deux mois. Les prévisions météorologiques s’avèrent encore plus courtes, étant disponibles une dizaine de jours à l’avance seulement.

«Les phénomènes créés par la saturation des sols sont les plus à même de provoquer des inondations à grande échelle et dévastatrices, en raison d’un important volume d’eau déversé dans les cours d’eau», écrivent les chercheurs californiens.

Une étude approfondie de la rivière Columbia nuance toutefois ce résultat. Elle montre que les prévisions basées sur la gravité ont besoin d’être affinées par des données sur l’utilisation des terres, l’irrigation et l’hydrographie locales. Elles s’avèrent aussi inutiles dans les zones soumises à la mousson, notamment en Inde et au Pakistan. Dernier problème: les données de Grace ne sont pour l’heure disponibles qu’au bout de trois mois, mais un nouveau dispositif est à l’étude pour transmettre, à partir de 2017, des informations plus précises au bout de 15 jours seulement.



[1] Depuis 2002, Grace effectue des mesures de la gravité terrestre à travers la planète

 



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