Prévenir le stress au travail

Le 24 novembre 2006 par Bérangère Lepetit
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28% des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress. «Il faut combattre le risque à la source», estiment les chercheurs de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS).

Beaucoup d'idées reçues circulent sur le stress au travail. Il stimulerait le salarié et l'aiderait à produire un travail de qualité en temps voulu. Personnel, ce problème ne serait pas lié à l'ambiance et au fonctionnement de l'entreprise. Enfin, aucune solution ne parviendrait à résoudre le problème du stress à l'échelle de l'équipe de travail.

«Faux!», répondent en choeur les chercheurs de l'INRS. Eux préfèrent vanter les avantages des actions de prévention du stress au travail dans les entreprises. «Bien qu'il existe de fortes différences de perception entre les personnes qui sont confrontées à un contexte professionnel stressant, certains facteurs sont clairement identifiables», explique Dominique Chouanière, membre du projet transversal Stress de l'INRS. Marge d'autonomie faible, absence de reconnaissance du travail accompli, mauvaise conception des lieux, travail monotone et répétitif, confusion des rôles au sein de l'entreprise: la liste des facteurs exposant au stress s'allonge en même temps que le monde du travail évolue. Or, une fois que les critères sont identifiés, l'entreprise peut, si elle le souhaite, mettre en route un plan d'action.

«Le stress au travail: une réalité. Quelle prévention? Quels acteurs et quels outils?»: c'est le thème du colloque organisé par l'INRS qui se tiendra le 1er et 2 février 2007 à Nancy. D'après la troisième enquête européenne sur les conditions de travail en 2000, 28% des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress. Plus d'un travailleur sur deux travaille dans l'urgence, plus d'un sur trois déclare appliquer strictement les consignes ou reçoit des ordres contradictoires. L'état de stress, lorsqu'il devient chronique, se traduit par l'apparition de différents symptômes: troubles du sommeil, maux de tête, tensions et douleurs musculaires, sensibilité et nervosité accrues. A terme, il peut également provoquer  troubles musculo-squelettiques (TMS) et accidents vasculaires cérébraux.

En France, il n'existe pas de réglementation spécifique à la prévention du stress au travail. Toutefois, en application de la directive européenne 89/391, la loi définit une obligation générale de sécurité qui incombe au chef de l'établissement (1).

«Il n'y a malheureusement pas de remède miracle», souligne Anne Guibert, membre du projet Stress. Néanmoins, des démarches de prévention du stress, adaptées à l'environnement et au fonctionnement de chaque entreprise, peuvent être appliquées. Pour l'heure, peu nombreuses sont les entreprises qui souhaitent tenter l'expérience. Pourtant, si la démarche représente un certain coût, l'investissement est minime par rapport aux changements qu'elle peut entraîner. Selon l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, le stress serait à l'origine de 50 à 60% des journées de travail perdues en Europe.

«Le problème, remarque Dominique Chouanière, ce sont les entreprises qui abandonnent en cours de route, après la phase de diagnostic. Elles craignent d'être évaluées, et de devoir se remettre en cause. Cela crée un sentiment de frustration chez les salariés qui imaginaient que les choses pourraient changer. On appelle cela un déni de réalité.»



(1) Article L.230-2 du Code du travail




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