Prévenir l'exposition au radon en France

Le 02 novembre 2004 par Claire Avignon
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En 1987, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît le radon comme élément chimique cancérigène. C'est seulement 10 ans plus tard qu'un groupe de travail interministériel commence à s'intéresser au sujet en France. Et la première circulaire date de janvier 1999. «C'est tard par rapport aux autres pays comme les pays anglophones qui ont pris au sérieux le problème dès les années 1980», explique Bernard Collignan, chercheur au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). En outre, les décisions prises par les différents gouvernements ne semblent pas les plus pertinentes.



L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) évaluerait le radon contribuant à deux à 3.000 cancers du poumon chaque année en France qu'ils soient dus à une exposition sur le lieu de travail ou à domicile. Il s'agirait du deuxième facteur de risque après le tabac. Selon l'étude "Indoor radon and lung cancer in France" de Hélène Baysson et Margot Tirmarche de l'IRSN, parue dans le numéro de novembre de la revue américaine Epidemiology, le radon serait, en France, le principal facteur de risque de 10% des cas de cancers par an, notamment en Bretagne, dans le Massif Central, dans les Vosges et en Corse. L'augmentation du risque de cancer du poumon entre une population exposée à une concentration moyenne de 50 Bq/m3 et celle exposée à une concentration moyenne de 150 Bq/m3 est estimée à 4%. En outre, un rapport de l'Académie nationale des sciences américaine montre que les personnes exposées au radon ont 10 fois plus de chance d'avoir un cancer du poumon que les non fumeurs.



Actuellement en France, les établissements neufs recevant du public comme les établissements scolaires, sanitaires, sociaux et pénitentiaires, ne doivent pas dépasser une concentration de 200 Bq/m3. Pour les établissements existants, les propriétaires ont des obligations de travaux à partir de 400 Bq/m3. Aucune réglementation n'a encore introduit de niveau de concentration maximale pour les logements privés. Pourtant les chiffres provenant de Grande-Bretagne peuvent inquiéter. Ce pays compte chaque année 2.500 morts: 2.000 sont dus aux concentrations localisées dans le lieu d'habitation, et 500 dans le lieu de travail. Plusieurs raisons viennent expliquer ces chiffres. D'abord, le temps passé au domicile est plus imporatnt que celui passé sur le lieu de travail. De plus, les lieux de vie sont moins aérés la nuit, contribuant à une élévation des concentrations en radon. La réglementation britannique impose ainsi logiquement un taux inférieur à 200 Bq/m3 pour les habitations et un taux inférieur à 400 Bq/m3 sur les lieux de travail. Les Etats-Unis, extrêmement stricts, exigent des travaux pour tout type de construction ayant des concentrations supérieures à 148 Bq/m3. En France, aucune étude n'a encore mesuré l'impact relatif d'une exposition sur le lieu de travail ou dans une habitation. Mais un risque important porte sur environ 300.000 habitations qui dépassent les 400 Bq/m3 et 60.000 les 1.000 Bq/m3. D'ailleurs, l'action 17 du Plan national Santé-Environnement établi par les ministères chargés de la Santé, de l'Ecologie, de l'Emploi et de la Recherche demande de «réduire l'exposition au radon dans les bâtiments à usage d'habitation», que ce soit pour les logements neufs ou existants. Les mesures gouvernementales n'ont cependant encore été prises. Des initiatives plus locales existent cependant, comme en Bretagne où la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) a procédé en 2003 à une campagne d'informations à destination du grand public via les mairies et les cabinets médicaux.


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