Présidentielle: la chasse aux chasseurs est ouverte

Le 02 novembre 2016 par Marine Jobert
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Un chasseur sachant voter est une bonne cible.
Un chasseur sachant voter est une bonne cible.
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A 6 mois de l’élection présidentielle, la course aux suffrages des chasseurs a bel et bien débuté. Honneurs au sortant et à son prédécesseur, très motivé par la cause cynégétique.

La chasse aux chasseurs est ouverte pour les candidats à l’élection présidentielle. Gibier d’urne d’importance, les candidats ont commencé à déclarer leur flamme au million de gâchettes que compte le pays. A tout seigneur, tout honneur: François Hollande a privilégié les ors de la République, recevant le nouveau président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen le 27 octobre dernier. Malgré un communiqué satisfait, les chasseurs ne semblent pas être ressortis de l’Elysée la gibecière bien pleine. Au menu des discussions, menées «dans une ambiance studieuse et très cordiale»: l’interdiction par Bruxelles de la chasse à l’ortolan, la pyramide des âges catastrophique chez les chasseurs ou encore la réforme communautaire en cours sur les armes à feu. Point intéressant: la récente opposition des organisations agricoles et forestières, qui considèreraient les chasseurs comme «trop protecteurs de la faune sauvage et des habitats».

Ils seront 11 devant le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan (Landes) à devoir répondre, le 17 novembre prochain, de destruction d’espèces protégées. Car l’Ortolan ou le Pinson des arbres ne sont pas autorisés à la chasse, a cru nécessaire de rappeler la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui a acheté, pour la deuxième fois, un encart dans Sud-Ouest «pour informer les braconniers de passereaux protégés des risques qu'ils encourent». Et de souligner que les 150.000 pinsons des arbres et 50.000 pinsons du Nord tués chaque année le sont sous couvert d’un arrêté ministériel datant de 1989 autorisant l'usage de pièges (matoles) pour capturer des alouettes fin octobre-début novembre. Une dérogation «hypocrite», qui couvre de fait la chasse à l’ortolan.

 

Auvergne-Rhône-Alpes, région exemplaire

Nicolas Sarkozy, lui, fait feu de tout bois, bombardant les chasseurs défenseurs suprêmes de la nature et de la ruralité made in France. Dans un texte enthousiaste, l’ex-président de la République s’approprie des décisions pro-cynégétiques prises en région. Comme celle de Laurent Wauquiez qui, avec une subvention de 2.955.210 euros, a décidé de faire des chasseurs des partenaires privilégiés pour la préservation, au sens large, de la biodiversité en région Auvergne-Rhône-Alpes. A la région Hauts-de-France, Guy Harlé d’Ophove cumule son poste de président de la commission Environnement avec les fonctions de… président de la Fédération des chasseurs de l’Oise.

Associations environnementales au pilori

«Ce qui vient d’être fait dans les régions doit se faire demain au niveau national, juste après l’alternance, afin que les chasseurs soient enfin incontournables dans la gouvernance de la nature et la gestion de la biodiversité», promet le candidat LR. Dans le même mouvement, Nicolas Sarkozy promet de faire rendre gorge -en leur coupant les vivres- «aux associations anti-chasse dont le seul fonds de commerce est de conduire des contentieux juridiques contre les chasseurs, les agriculteurs et contre les élus qui ont des projets de développement dans leurs territoires ruraux».

La diplomatie mobilisée

Enfin, le candidat promet de mobiliser le Quai d’Orsay pour affaiblir la directive Oiseaux et mettre un coin dans la convention de Berne, «qui aujourd’hui empêche les chasseurs de migrateurs comme ceux qui pratiquent des chasses traditionnelles d’avoir des dates et des pratiques de chasses conformes à leurs attentes». «C’est de l’intox, car ça ne marchera pas, estime Pierre Athanaze, le président d’Action Nature Rewilding France. Mais c’est vrai que des diplomates ont déjà été missionnés pour ça par chaque bord politique

La ruralité

Pour complaire à ses alliés du parti Chasse, pêche, nature et tradition (CPNT), Nicolas Sarkozy n’oublie pas le couplet sur la ruralité, s’engageant à un «plan Marshall pour la ruralité qui aura pour principe élémentaire pendant les 5 ans qu’à chaque euro public investi pour la ville, il y ait un euro investi pour la ruralité». Ce qui peut paraître saugrenu au vu de la répartition de la population française (70% en ville, 30% en zone rurale). S’en suit un couplet sur les «contraintes administratives qui bloquent le dynamisme et l’innovation dans nos terroirs», quelque peu éloigné de la musette. Mais l’ancien président de Les Républicains retombe sur ses pattes et l’affirme: «Pour que cela se concrétise, il faut aller voter à la primaire car tous les candidats n’ont pas la même approche ni le même bon sens rural.» A bon entendeur.



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