Préparations naturelles peu préoccupantes: une centaine de substances autorisées

Le 03 mai 2016 par Marine Jobert
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Le purin d'ortie fait son entrée officielle comme PNPP.
Le purin d'ortie fait son entrée officielle comme PNPP.
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Ortie, prêle, consoude… Elles font le bonheur des jardiniers qui refusent les pesticides de synthèse. Entrant dans la composition des préparations naturelles peu préoccupantes, une centaine d’entre elles viennent d’être officiellement autorisées. Trop peu, selon l’Association pour la promotion des PNPP.

Le décret consacré aux préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) est paru, accompagné d’un arrêté fixant une liste d’une centaine de plantes ou de parties de plantes autorisées comme «substances naturelles à usage biostimulant». Des dispositions prises en application de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 14 octobre 2014. «Les produits qui contiennent uniquement une ou plusieurs substances autorisées par l’arrêté mélangées avec de l'eau, et donc accessibles à tout utilisateur, peuvent désormais être mis sur le marché sans autre formalité. L’autorisation de ces substances est ainsi simplifiée, plus rapide et chacun peut donc fabriquer et commercialiser ses propres produits pour stimuler la croissance des plantes», indique le ministère de l’agriculture.

 

Parmi les substances nouvellement autorisées: l’ortie. La plante entre dans la composition du désormais célèbre purin d’ortie, devenu en 2010 le symbole d’un dévoiement de la réglementation communautaire et de la toute puissance de la chimie de synthèse. Car le ministère de l’agriculture traitait alors peu ou prou les PNPP comme les pesticides, en exigeant que la substance de base de ces produits soit inscrite sur l'annexe 1 de la directive européenne sur les produits phytosanitaires.

 

Arrêté trop court

«Le décret était nécessaire et il est bien, juge Jean-François Lyphout, le président de l’Association pour la promotion des PNPP. Mais l’arrêté est bidon: nous avions remis à l’Anses[1] et à la Direction générale de l’alimentation[2] une liste de 800 plantes non toxiques qui pouvaient entrer d’emblée dans des préparations. Or à part l’ortie et l’ail, il n’y a rien de nouveau!». Le ministère de l’agriculture précise que l’arrêté sera complété par d’autres substances, «après une évaluation de l’Anses garantissant qu’elles ne présentent pas d’effet nocif sur la santé humaine, sur la santé animale et sur l’environnement».

 

Des conséquences pour la formation

Jean-François Lyphout estime que cette première liste n’est pas à la hauteur des enjeux. «Les conseillers agricoles et les enseignants des jeunes en train de se former en agriculture ne peuvent ni conseiller, ni apprendre à leurs élèves à se servir de tous les PNPP qui existent puisque seule une minorité est autorisée, déplore-t-il. Mais les pesticides qui tuent les gens, ça, oui on peut». Et de souligner que le décret n’est pas clair quant au taux de TVA auquel seront assujettis les PNPP. S’ils ressortissent au même régime que les produits utilisés en agriculture biologique, ce taux devra être fixé à 10%.

 



[1] L’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

[2] La DGAL dépend du ministère de l’agriculture.

 



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