Première injection de biogaz issu de boues industrielles

Le 29 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Coût de l'opération: 7,1 millions d'euros
Coût de l'opération: 7,1 millions d'euros
Adrien Kurtz

Filiale du groupe norvégien Norske Skog, la papeterie Golbey (Vosges) a inauguré, le 28 juin, une unité de production de biogaz issu de ses boues d’épuration. Un gaz qui sera bientôt injecté dans le réseau public.

 

C’est une première en France. Après des stations d’épuration, des exploitations agricoles et des décharges publiques, c’est au tour d’un site industriel de produire du biogaz qui sera injecté dans le réseau d’ici la fin de l’année. Avec une capacité annuelle de 17.500 mégawattheures (MWh), cela permettra d’alimenter 2.500 logements neufs ou encore 58 bus au GNV[1]. «Après l’élimination de ses éléments contaminants, dont le gaz carbonique, l’oxygène, l’azote et le sulfure d’hydrogène, ce méthane atteindra le même niveau de qualité que le gaz naturel», a déclaré la direction du groupe à l’AFP. Les derniers réglages concernent la disparition de l’azote. Et si d’aventure, le biométhane ne correspondait pas aux critères de GRDF, il serait brûlé dans une torchère.

Golbey a profité de cette modernisation pour installer un dispositif de capture du CO2 issu de la purification du biométhane pour le réinjecter dans le processus de fabrication du papier.

 

1,4 M€ de revenus par an

L’investissement de la papeterie spécialisée dans le papier journal, l’une des plus importantes d’Europe de l’Ouest avec 600.000 tonnes par an, totalise 7,1 millions d’euros. L’entreprise, qui emploie 325 salariés sur le territoire d’Epinal-Golbey, a perçu 3,7 M€ d’aides publiques sous forme de subventions ou d’avances remboursables (Ademe[2], Agence de l’eau Rhin-Meuse, Encelpa[3]), selon le communiqué de Norske Skog. La revente du biogaz lui rapportera par ailleurs 1,4 M€ par an.

 

Objectif: 8 TWh en 2023

Dans l’Hexagone, 50 sites seulement injectent du biogaz dans le réseau exploité par GRDF. Parmi eux, des centres d’enfouissement, dont celui de Saint-Florentin (Yonne), des méthaniseurs agricoles et des stations d’épuration.

Au total, 406 gigawattheures ont été injectés dans le réseau l’an dernier contre 215 GWh en 2015, selon le Panorama du gaz renouvelable. Cette capacité a déjà progressé depuis début 2018 et avoisine désormais 682 GWh.

Par ailleurs, 400 projets sont à l’étude, alors que la France vise 8 terawattheures par an en 2023. Soit plus de 10 fois plus qu’aujourd’hui.



[1] Parcourant en moyenne 50.000 kilomètres par an

[2] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[3] Environnement Cellulose Papier

 



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