Première centrale nucléaire autorisée par Londres depuis 18 ans

Le 19 mars 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Hinkley Point C, selon EDF Energy.
Hinkley Point C, selon EDF Energy.
EDF Energy

C’est une décision très attendue. Ce mardi 19 mars, le ministère britannique de l’énergie et du climat (Decc) a donné son feu vert à la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point C (dans le Sommerset): une première depuis 18 ans. Ceci met, en principe, fin à une décennie d’atermoiements durant laquelle les gouvernements Blair, Brown et Cameron ont tergiversé sur la relance d’un programme nucléaire civil britannique.

Tant d’indécision a lassé les électriciens qui, les uns après les autres, ont jeté l’éponge. Dans ses bons jours, Londres annonçait, triomphante, sa volonté inextinguible de mettre en service une douzaine de réacteurs de dernière génération d’ici 2025. EDF Energy (filiale locale du géant français), les Allemands RWE et E.ON (unis dans le consortium Horizon Nuclear Power), et NuGeneration (co-entreprise dirigée par Iberdrola et GDF Suez) se sont mis sur les rangs et ont négocié [JDLE].

Or les tractations ont duré des années. D’un côté, un Etat exsangue qui n’entend pas mettre le moindre penny dans la construction, l’exploitation ou le démantèlement desdits réacteurs. De l’autre, des énergéticiens, endettés, qui veulent limiter les risques financiers ou qui, comme RWE et E.ON, finissent par abandonner l’atome.

Au final, seul EDF Energy a tenu bon. Et c’est son premier projet qui a été accepté, aujourd’hui, par les autorités. Il consiste en la construction de deux EPR, conçus par Areva, pour une capacité totale de 3.260 mégawatts électriques.

Pour autant, les choses ne sont pas encore faites. C’est un détail souvent oublié, mais le réacteur d’Areva n’a pas encore été certifié par l’autorité britannique en charge de la sûreté nucléaire. Si le processus de «licensing» se poursuit au rythme prévu, il pourrait aboutir dans le courant de l’année prochaine.

Autre point, non résolu: le financement. Le leader mondial du nucléaire a beau dire que les EPR chinois sont érigés plus vite que prévu, les exemples finlandais et normands laissent rêveurs. Le coût d’Olkiluoto 3 et de Flamanville 3 devrait dépasser les 8 milliards d’euros: plus du double du prix «catalogue».

Raison pour laquelle EDF Energy n’a pas pris la décision de lancer les bulldozers [JDLE]. Centrica, son partenaire, a finalement renoncé, début février, à co-financer la centrale. EDF s’est donc adressé à son vieux partenaire chinois, China Guangdong Nuclear Power Holdings (CGNPC). Mais l’exploitant des centrales de Daya Bay et de Ling Ao (construites par Areva et EDF) n’a pas encore mis la main à la poche. Les coûts annoncés ne sont, il est vrai, pas négligeables: le montant annoncé du devis de Hinkley Point C atteint 14 milliards de livres (16 Md€).

Parallèlement, les négociations se poursuivent entre l’électricien français et le gouvernement britannique. L’objectif du groupe dirigé par Henri Proglio est d’obtenir de l’administration Cameron l’établissement, pendant plusieurs décennies, d’un prix plancher de l’électricité produite par les deux futurs réacteurs. Ce mécanisme devant limiter les risques financiers de l’industrie tricolore. Selon nos informations, le groupe français n’entend pas négocier en deçà de 100 livres/MWh (116 €/MWh). EDF cherche aussi à allonger la durée de vie des 8 centrales nucléaires qu’il exploite au Royaume-Uni. Relancer le nucléaire britannique n’est décidément pas un long fleuve tranquille.



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