Premier retrait, en France, d’un récif artificiel

Le 04 mai 2015 par Stéphanie Senet
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L'opération pilote vise à enlever, du 4 au 12 mai, 2.500 pneus immergés au début des années 1980
L'opération pilote vise à enlever, du 4 au 12 mai, 2.500 pneus immergés au début des années 1980
Jérôme Espla, Poisson lune productions

A partir d’aujourd’hui 4 mai, une opération pilote va remonter 2.500 pneus immergés dans les années 1980 dans la zone marine protégée de Vallauris Golfe Juan. Une première en France, annoncée par l’Agence des aires marines protégées (AAMP).

 

«Entre 1980 et 1982, 25.000 pneumatiques avaient été déversés dans cette région, à la demande des pêcheurs, pour restaurer les stocks halieutiques», explique au JDLE Elodie Garidou, chargée de mission à l’AAMP. L’idée était de créer des récifs artificiels servant d’abris pour les poissons dans cette zone de 50 hectares. La France n’était pas la seule à se lancer dans l’aventure. Le Japon dispose de 20 millions de mètres cubes de sites aménagés, et les Etats-Unis de 1.000 sites artificiels. Au total, la France métropolitaine en compte pour sa part 90.000 m3.

Trente ans après cette immersion, force est de constater l’échec de la colonisation halieutique dans les pneumatiques. «Les résultats sont meilleurs dans les récifs en béton ou les épaves», poursuit Elodie Garidou. Il faut ajouter que les 25.000 pneus se sont éparpillés au fond de la Méditerranée, quittant leur zone sableuse, sous l’effet de la houle et des courants, pour aller s’abriter dans les zones rocheuses.

Comme les Etats-Unis, la France a donc lancé un programme d’enlèvement des récifs et l’opération pilote vise pour l’heure 2.500 pneus (10%) de la zone marine protégée. Une mission prévue par le document d’objectifs[1] du site Natura 2000 de la baie et du cap d’Antibes-Iles de Lérins, dont la zone protégée fait partie.

Une opération financée par l’AAMP et le Feder

«Jusqu’au 12 mai, entre 6 et 8 plongeurs professionnels par jour vont remonter petit à petit les 2.500 pneus», explique la représentante de l’AAMP. Evalué à 160.000 euros, le marché public comprenant une phase d’enlèvement, de valorisation des déchets et de suivi environnemental des écosystèmes a été confié à un groupement d’entreprises piloté par Marino. Le financement est assuré à 45% par l’AAMP et à 55% par le Fonds européen de développement régional (Feder).

Une valorisation incertaine

Salinité oblige, la valorisation des pneus remontés sur terre n’est pas assurée. «Ils vont d’abord être nettoyés à haute pression puis broyés sur le site d’Istres de Sita», affirme Elodie Garidou. Au mieux, ils seront valorisés en granulats entrant dans la fabrication de sols amortissants. Au pire, ils serviront de combustibles dans les cimenteries ou seront simplement enfouis. Le premier bilan de cette opération est attendu courant juin.



 



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