Premier feu vert donné à deux projets hydroliens

Le 25 novembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une turbine d'hydrolienne.
Une turbine d'hydrolienne.

Si elles voient le jour, ces fermes pré-commerciales préfigureront des parcs industriels de plusieurs GW de capacité.

Les commissions d’enquête ont rendu, jeudi 24 novembre, un avis favorable à deux projets de fermes hydroliennes dans la Manche. Les deux installations doivent être immergées dans le Raz Blanchard, un passage où prospère l’un des plus puissants courants du monde, au large de la pointe nord du Cotentin.

Plus de 200 M€ d’investissements

Porté par Engie, General Electric (ex-Alstom New Energy Ocean) et Enedis, ‘Nephtyd’ sera composé de 4 hydroliennes de 1,4 mégawatt électriques (MWe) unitaire. Déjà testées au centre d’essai des énergies marines, en Ecosse, les Océades sont constituées d’un rotor de trois pales, de 18 mètres de diamètre. Les machines seront posées sur le fond à 3,5 kilomètres au large de Goury (Manche) et raccordées au réseau de distribution à Jobourg (Manche). Les travaux débuteront à partir de 2018. Leur coût devrait flirter avec les 100 millions d’euros.

Fruit du partenariat conclu par EDF EN et DCNS, le projet Normandie Hydro prévoit l’installation dans le Raz Blanchard de 7 hydroliennes. Réalisées sur la base de la technologie développée par OpenHydro (filiale de DCNS), les turbines auront une puissance unitaire de 2 MWe et seront raccordées au réseau de Goury, en 2017. Le montant de la facture est estimé à 112 M€.

Pollution à l’aluminium

Les deux projets sont lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI), lancé par l’Ademe en 2013. A ce titre, ils bénéficient d’une aide de 51 M€ du programme Investissements d’avenir pour leur réalisation (dont deux tiers d’avances remboursables). Le tarif d’achat des énergies marines est de 173 €/MWh.

Selon le rapport d'enquête sur le projet Normandie Hydro, consulté par l’AFP, les hydroliennes ont l'avantage d’être invisibles du bord de mer et d'être implantées sur des courants marins prévisibles, ce qui permet «une anticipation rigoureuse de la production électrique».

Situé entre la pointe Ouest du cap de la Hague (Manche) et l'île anglo-normande d'Aurigny, le Raz Blanchard se caractérise par l'un des courants de marée les plus puissants d'Europe: le courant marin y circule alternativement dans les deux sens et peut avoisiner une vitesse de 12 nœuds lors des marées d'équinoxe. Son potentiel énergétique en matière d’hydroliennes est estimé à environ 15.000 GW h/an.

La commission relève en revanche plusieurs inconvénients: le recours périodique aux peintures anti-salissures biocides et au relargage d'aluminium par les anodes sacrificielles (pour limiter la corrosion), ainsi que «la création éventuelle de zones de turbulences susceptibles d'influer sur la faune et la flore». Elle souligne aussi la «méconnaissance au niveau environnemental des incidences de ces installations sur la ressource halieutique».

De quoi susciter quelques recours. L’association Robin des bois est d’ores et déjà opposé à l’exploitation de l’énergie marine du Cotentin: «Le raz Blanchard, c’est un torrent sous-marin à la fonctionnalité écologique majeure», rappelait récemment Jacky Bonnemains, son président. Dans les îles anglo-normandes, la vision est tout autre. Alderney Renewable Energy entend toujours réaliser un parc hydrolien de 3.600 MWe aux abords de l’île d’Aurigny. Côté français, la programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit la mise en service de 200 à 2000 MWe d’énergies marines d’ici 2023.

 



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