Premier Conseil environnement sous présidence suédoise

Le 28 juillet 2009 par Sonia Pignet
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Drapeau europe
Drapeau europe

Au cours d’un Conseil informel à Åre (Suède) qui s’est tenu du 23 au 25 juillet, les ministres européens de l’énergie et de l’environnement ont échangé leurs points de vue sur l’éco-performance, la taxe carbone et la préparation de la conférence de Copenhague.

Jeudi 23 juillet, c’était l’énergie. Et plus précisément l’efficacité énergétique. Les 27 ministres européens en charge de ce secteur s’étaient donné rendez-vous à Åre, une station de ski, pour un premier Conseil informel sous la présidence suédoise de l’Union. Le lendemain, ils ont été rejoints par leurs homologues de l’environnement, pour discuter climat et Copenhague.

Economie «éco-efficace»
Durant l’automne, la Commission européenne va mettre au point un plan d’action pour l’efficacité énergétique. Les discussions ministérielles de la première journée avaient donc pour but de contribuer à ce plan d’action en lui apportant connaissance et expérience. Dans un résumé des discussions, la Présidence suédoise indique que les 27 ministres de l’énergie ont trouvé des consensus sur plusieurs points. Notamment sur le fait que le ralentissement économique actuel est l’occasion de développer de nouveaux marchés, basés sur une croissance durable et compétitive. «Une économie éco-performante signifie qu’un travail actif pour l’environnement peut contribuer à renforcer l’économie et la compétitivité. Une utilisation plus efficace de l’énergie peut être une manière peu coûteuse de faire diminuer les rejets de gaz à effets de serre», a expliqué Maud Olofsson, la ministre suédoise de l'entreprise et de l'énergie, dans un communiqué de la Présidence suédoise. «La stratégie devrait se concentrer de façon claire sur la recherche, l'innovation, le développement et la création de nouveaux produits et services», ont estimé les 27. Pour cela, «il faut créer plus de richesse tout en utilisant moins de ressources naturelles et causant moins d’impacts négatifs sur l'environnement».

Plus concrètement, cela correspond en partie aux actuels et futurs travaux parlementaires européens. En effet, outre l’électroménager et les ampoules, sur lesquels s’appliquent d’ores et déjà des réglementations, les pneus devraient être à leur tour soumis à des mesures, et la directive sur la performance énergétique des bâtiments est en cours de révision (1). Toutes ces mesures doivent permettre d’atteindre d’ici 2020 l’un des objectifs du Paquet énergie climat: une amélioration de 20% de l’efficacité énergétique. D’après Reuters, le commissaire européen à l'énergie Andris Piebalgs a également suggéré de présenter, dès le second semestre 2010, après la conférence de Copenhague, un texte rendant contraignant les objectifs nationaux en matière d'efficacité énergétique dans l'UE.

Selon les ministres de l’environnement et de l’énergie, l’amélioration de l’efficacité énergétique pour des économies éco-performantes serait aussi un atout pour obtenir un accord international à Copenhague en décembre prochain. «Grâce à l’efficacité énergétique, nous devrions pouvoir obtenir une réduction de 54% des émissions de GES. C’est un moyen rentable de diminuer les émissions de GES», a indiqué Nobuo Tanaka, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie. déjà dit dans le premier paragraphe (sauf le chiffre) Dans un communiqué de la Commission Environnement, le commissaire Stavros Dimas a rappelé quelques chiffres: alors que les Chinois et les Américains allouent respectivement 34 et 17% de leurs investissements du plan de relance à des mesures d’éco-performance, les Etats européens oscillent entre 1,3 et 21%.

Dans un communiqué, le Bureau européen pour l’environnement (BEE) a félicité l’initiative suédoise d’organiser le débat autour de l’éco-efficacité. Il réclame cependant un soutien et un engagement public actifs pour la mise en place de cette économie, «ce qui signifie qu'elle doit être intégré dans une politique de développement durable avec une dimension sociale», insiste le BEE.


Taxe carbone
Lors de la conférence de presse de vendredi, Maud Olofsson a également indiqué que la Suède présenterait prochainement une proposition de taxe carbone européenne, à l’heure où plusieurs pays ont engagé une réflexion nationale sur le sujet. L’idée n’a pas déclenché de refus catégorique, même si le scepticisme est de rigueur. Interrogé par Reuters, Jean-Louis Borloo s'est dit favorable sur le principe mais a estimé que les Européens n'étaient pas «obligés de tout faire à la même heure». Une idée partagée par Stavros Dimas, puisqu’il a déclaré: «Il faut l'unanimité sur ces questions ce qui est difficile, mais nous encourageons et nous tendons vers des mesures nationales de ce type».

En revanche, les 27 se sont dits opposés à l’idée d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe si la communauté internationale ne parvient pas à se mettre d’accord à Copenhague sur des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Soutenue par Nicolas Sarkozy, la taxe est loin de faire l’unanimité chez nos voisins européens. «L'UE participe aux préparations pour Copenhague non pas en exerçant des pressions, mais en créant un climat de confiance entre les parties», a ainsi estimé Stavros Dimas. «Ce serait une nouvelle forme d'éco-impérialisme», a commenté Matthias Machnig, le secrétaire d’Etat allemand à l’environnement, avant de faire valoir qu'il fallait plutôt travailler à la création d'un marché mondial du CO2.

Copenhague
Du côté de la préparation de la conférence de Copenhague, les 27 ministres européens de l’environnement ont appelé les Américains et les Canadiens à les rejoindre sur des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2. «Nous voulons que les négociations accélèrent. Nous pensons qu'elles vont trop lentement et l'UE veut montrer la voie dans ce processus», a déclaré à Reuters le ministre suédois de l'environnement, Andreas Carlgren, à l'issue des trois jours de réunion.
Ils ont également fait savoir qu’ils souhaitaient que les pays riches mobilisent dès à présent «plusieurs milliards de dollars» pour l’aide aux pays pauvres. «Clarifier et augmenter la contribution globale au financement de l'adaptation au changement climatique entre maintenant et 2012, contribuerait de manière significative à construire de la confiance avec les pays les moins développés», est-il écrit dans le texte obtenu par Reuters.


(1) Voir dans le JDLE «L’étiquetage des pneus en bonne voie»; «Les eurodéputés veulent des bâtiments zéro énergie dès 2019»
(2) Dans le JDLE «Taxe carbone aux frontières: forte opposition des pays émergents»


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