Premier bilan carbone ferroviaire: rouler pour éviter

Le 30 septembre 2009 par Victor Roux-Goeken
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TGV
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La SNCF, RFF et l’Ademe ont réalisé le premier bilan carbone ferroviaire global, de la conception à l’exploitation, sur la branche Est de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône. Ils promettent un bilan carbone positif dès la 12e année d’exploitation, en 2024.

1,9 million de tonnes équivalent CO2 (teqCO2). C’est la quantité d’émissions de gaz à effet de serre que vont générer la conception, la réalisation et l’exploitation pendant 30 ans de la branche Est (Mulhouse-Dijon, 140 km) de la ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône, actuellement en cours de construction. Réseau ferré de France (RFF), la SNCF et l’Ademe ont présenté vendredi 25 septembre à Besançon ce «premier bilan carbone ferroviaire global».

Sur la période 2012-2042, l’exploitation représente 57% des émissions –53% pour la seule énergie de traction du TGV, 4% pour la maintenance des rames et de la ligne–, la construction 42% –22% pour le génie civil, 20% pour les équipements et bâtiments ferroviaires– et 1% pour la conception du projet.

Mais le bilan carbone sera neutre, puis positif, dès la 12e année d’exploitation de la ligne (2024), assurent ses réalisateurs. Ils prévoient le «détournement» de 1,2 million de personnes par an de la route et de l’air vers cette nouvelle ligne. «La variable la plus importante du bilan est le taux d’occupation», résume Mireille Faugère, directrice générale de SNCF Voyages. Il faudra donc rouler en TGV pour éviter…

Le bilan carbone permet de (re)mettre en évidence certains postes très émetteurs. Sans surprise, la chaux, qui représente 33% des émissions des travaux de génie civil, devant le ciment (15%) et l’acier (10%). RFF et la SNCF préconisent l’ouverture de carrières plus proches du chantier. Seront-elles acceptées par les populations locales? Quant à l’énergie de traction, la formation du personnel à l’éco-conduite devrait permettre de réduire ce poste de 5% d’ici 2010. L’utilisation de trains plus aérodynamiques et allégés de 15 à 20% devrait permettre de générer d’autres économies d’ici 2025.

Un bilan carbone étant monocritère, il ne permet pas de prendre en compte toutes les atteintes à l’environnement, notamment celles à la biodiversité. 40% du linéaire de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône se situe en forêt. 37 passages à gibier ont été prévus, 51 passages pour la petite faune et 27 mares de reproduction réalisées pour les amphibiens, grâce à un budget de 4,57 millions d’euros.

Son périmètre n'est pas extensible à l'infini, même si ce bilan carbone prétend à l'exhaustivité. Les déplacements domicile-travail des ouvriers ont par exemple été pris en compte, mais pas les émissions des véhicules des personnes qui se rendront dans les deux nouvelles gares construites le long de la ligne. Un parking de 1.000 places est prévu rien que pour la nouvelle gare «Besançon Franche-Comté TGV», en même temps que l'ouverture d'une navette ferroviaire vers la gare de Besançon.

La SNCF, RFF et l’Ademe entendent recourir systématiquement au bilan carbone ferroviaire. «Cet outil conçu pour une LGV standard permettra de faire «l’analyse carbone» des 1.800 km de lignes déjà construites depuis les années 1980 et de concevoir des scénarios optimisés pour les 2.000 km de LGV à construire d’ici 2020.»


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