Premier accord international contre la pêche illégale

Le 18 mai 2016 par Stéphanie Senet
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Une avancée contre la pêche illégale
Une avancée contre la pêche illégale

A partir du 5 juin, un accord mondial permettra d’interdire l’entrée dans les ports à des navires de pêche non autorisés.  Un instrument plus efficace que les contrôles habituels.

 

Les acteurs de la lutte contre la pêche illégale ne cachent pas leur satisfaction. Parrainé par la FAO[1], un nouvel accord luttant contre la pêche illicite, non déclarée et non règlementée, entrera en vigueur le 5 juin, suite au dépôt des instruments d’adhésion de 30 parties. Une petite victoire puisqu’il s’agit du premier texte juridique contraignant à l’échelle internationale[2].

 

Principale innovation, cet accord sur les mesures du ressort de l’Etat du port (Port State Measures Agreement ou PSMA) permet d’imposer à des navires étrangers une autorisation pour entrer dans les ports. Leurs équipages devront présenter livre de bord, équipement et cargaison aux autorités portuaires. Une avancée juridique puisque le droit international coutumier empêche théoriquement tout Etat de contraindre un navire étranger. Désormais, en cas de doute, les 30 parties au PSMA pourront inspecter les navires, vérifier la conformité des prises, restreindre ses débarquements, voire refuser l’entrée dans le port.

 

Les Etats-Unis et l’Union européenne mobilisés

 

Les parties concernées sont l’Afrique du Sud, Australie, Barbade, Birmanie, Chili, Costa Rica, Cuba, Dominique, Etats-Unis, Union européenne, Gabon, Guinée Bissau, Guyana, Islande, île Maurice, Mozambique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Oman, Palaos, République de Corée, Saint-Christophe-et-Niévès, Seychelles, Somalie, Sri Lanka, Soudan, Thaïlande, Tonga, Uruguay et Vanuatu.

 

Une bonne prise puisque ces Etats et l’UE représentent plus de 62% des importations mondiales de poissons et 49% des exportations pour un total respectivement de 133 et 139 milliards de dollars (entre 118 et 123 Md€)  selon la FAO.

 

Par comparaison, la pêche illégale représente un chiffre d’affaires mondial supérieur à 23 Md$ (20 Md€) pour au moins 26 millions de tonnes de prises.

 

La Nouvelle-Zélande en eaux troubles
En matière de pêche, les statistiques manquent parfois de transparence. Selon une étude réalisée par l’Institut de l’océan et de la pêche de l’université de Colombie-Britannique (Vancouver, Canada), les quantités totales de poissons capturés en Nouvelle-Zélande entre 1950 et 2010 se sont révélées 2,7 fois supérieures aux déclarations officielles. «Non seulement les captures non déclarées et le dumping menacent la pêche durable mais ils gaspillent aussi des protéine précieuses», a commenté Glenn Simmons, chercheur à l’université d’Auckland. Preuve que la pêche illégale n’épargne aucun pays de pêche.

 

Blocage versus contrôle

 

«En empêchant les pêcheurs peu scrupuleux de décharger leurs prises mal acquises, leur accès aux marchés nationaux et internationaux est rendu difficile. Ces mesures apparaissent comme un système efficace, rentable et dissuasif pour lutter contre la pêche illégale par rapport à la plupart des programmes de contrôle et de surveillance», se félicite la FAO, dans un communiqué publié le 16 mai.

 

«Faisons en sorte qu’aucun port national ne soit connu et ciblé par les acteurs de la pêche illégale pour son non-respect des règles», tempère José Graziano da Silva, directeur général de l’organisation basée à Rome.

 


[1] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

[2] Jusqu’à présent, il existait seulement des règlements à l’échelle régionale, comme celui de l’Union européenne.

 



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